— no credit

Paris

Devenir taxi, ça n'a plus de prix

Pour devenir taxi à Paris, il y a du monde à la portière. Et le coût de la licence s'en ressent, malgré une légère baisse au dernier trimestre.

Pour devenir taxi à Paris, il y a du monde à la portière. Et le coût de la licence s'en ressent, malgré une légère baisse au dernier trimestre. Alors qu'elle s'achetait aux alentours de 130 000 e au mois de janvier 2006, la licence atteint aujourd'hui les 185 000 e. Après avoir flirté avec les 200 000 e fin octobre !

Une flambée confirmée par la préfecture de police de Paris et qui s'explique par le peu de vendeurs au vu du nombre d'acheteurs potentiels. « Tous les trimestres, 800 candidats passent l'examen pour devenir chauffeurs. Or, il n'y a pas assez de places, explique Thierry Savary, président de la Fédération des taxis indépendants d'Ile-de-France. Et en cours d'année, voyant les prix augmenter, les chauffeurs ont décidé d'attendre pour vendre. Cela a créé une petite bulle. » Jusqu'à ce que les banques arrêtent de suivre, bien qu'elles continuent de consentir des prêts sur dix ans quand l'apport de base est supérieur à 40 000 e. « Mais on connaît certains chauffeurs qui doivent rembourser 2 500 e par mois. C'est insensé », assure-t-on à la Mutuelle des artisans taxis.

La semaine prochaine, deux cents licences gratuites supplémentaires seront disponibles. Mais ceux qui y auront accès sont inscrits depuis seize à dix-huit ans sur des listes d'attente en préfecture. Pour amoindrir les spéculations, ils n'ont toutefois pas le droit de revendre leur licence avant quinze ans. Pour les autres, il faut payer. « Et soit on devient artisan, soit on craque très vite, explique Alain Estival, président de la Fédération nationale des artisans taxis. Les salariés et les locataires ne s'en sortent pas. »

L'idée d'être à son compte séduit particulièrement les chômeurs. « Parmi ceux qui veulent devenir taxis, personne ne sort de la fonction publique, explique Alain Estival. Ce sont des gens qui subissent la crise économique. » Et dont le parcours professionnel antérieur importe peu. A la Mutuelle des artisans taxis, on ajoute que le fait de « devenir indépendant sans avoir à monter une société » séduit, sans que les chauffeurs se rendent forcément compte des risques encourus. « Dans deux ou trois ans, on risque d'en voir beaucoup dans nos bureaux qui auront déposé le bilan. »

Michaël Hajdenberg

La Fédération nationale des artisans taxis rappelle qu'en province, les licences se vendent parfois plus cher qu'à Paris, notamment dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.