Les ex-de Cachan ont une journée pour croire au Père Noël

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Boubous des grands jours, Père Noël, et cadeaux offerts par le conseil général à chaque enfant. Rien ne manquait hier après-midi pour le Noël des 1 000 de Cachan. Les ex-squatteurs de la Cité universitaire et du gymnase de Cachan avaient été conviés par le département à se retrouver à la maison des syndicats de Créteil (Val-de-Marne). Pour fêter Noël ensemble, alors qu'ils sont aujourd'hui encore éparpillés entre Meaux, Paris et Grigny.

« Peu importe si Noël est une célébration catholique, et que certains d'entre nous sont musulmans. On le fête pour les enfants, et puis parce que ça nous change les idées », insiste Cissé, un homme de 27 ans.

Dans la grande salle, l'ambiance bat son plein, Jean-Yves Le Bouillonnec, député-maire de Cachan, claque la bise aux uns et aux autres, et les visages sont détendus. « Nous sommes sereins, mais très vigilants », explique néanmoins une mère de famille. Deux mois et demi après l'évacuation du gymnase, la situation est loin d'être réglée. La plupart des ex-squatteurs vivent encore à l'hôtel ou dans des foyers France-Terre d'asile. Certes quatre-vingt-cinq familles sont entrées dans le processus de relogement et sont en attente d'un appartement. Mais pour les autres, et notamment pour les sans-papiers, l'avenir reste flou. Selon la Ligue des droits de l'homme, 80 % des dossiers ne remplissent pas les critères nécessaires à la régularisation.

Sur le podium, l'animatrice égrène les prénoms des enfants, qui viennent un par un embrasser le Père Noël et chercher leur cadeau. Parmi eux, certains n'ont connu que le squat du bâtiment F, le gymnase et l'hôtel. Mais dans les bras du Père Noël, ils redeviennent des enfants comme les autres.

Laure de Charette