En chiffres, la capitale a l'air meilleur

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L'étude finale ne devait être publiée que mi-janvier. Mais hier, Bertrand Delanoë a décidé de rendre public le rapport d'étape sur l'évolution de la pollution à Paris depuis 2002, remis en fin de semaine dernière par Airparif. Ce document montre que les émissions d'oxydes d'azote auraient baissé de 32 % entre 2002 et 2007, 26 % étant dus aux évolutions technologiques du parc automobile, et 6 % aux évolutions de la circulation dans la capitale. « Ces 6 % proviennent de la baisse du nombre de véhicules dans Paris et du changement du type de véhicules. Les deux- roues ont, par exemple, explosé de 25 %, au détriment des véhicules particuliers », relève Philippe Lameloise, directeur d'Airparif. Mais ces résultats théoriques, réalisés par modélisation, ne sont pas le fruit de capteurs de pollution (lire ci-dessous).

Ces oxydes d'azote, émis par les pots d'échappement des véhicules, n'ont toutefois pas de taux réglementaire. C'est le dioxyde d'azote, qui provoque les maladies respiratoires et cardio-vasculaires, qui est réglementé, à 46 µg/m3. Il est l'indicateur de la qualité de l'air dans les rues, et provient à la fois de la transformation des oxydes d'azote au contact de l'air, du chauffage et des industries. Airparif note que son taux s'améliore sur la plupart des axes routiers (Maréchaux, Montparnasse et Saint-Marcel), sans fournir de chiffre. Le NO2 augmente cependant sur 20 km de voies, notamment dans des rues du centre et du nord-ouest, sur des axes qui ont connu un report de circulation après des aménagements de voirie et dans « des petites rues encaissées », précise la Ville. Elle ne « s'explique pas », en revanche, les augmentations constatées sur le boulevard Haussmann, rue du Temple, et pont Neuf, et compte demander plus de précisions à Airparif sur ce point.

Désormais, 440 km de voies sont aux normes à Paris (sur 900 km étudiés), contre 160 en 2002. Mais aucune rue n'est encore descendue à 40 µg/m3, taux qui devra être atteint en 2010, date d'entrée en vigueur des nouvelles normes. « Nous avons calculé que pour être dans cette norme, les émissions d'oxydes d'azote doivent baisser de 80 % entre 1998 et 2010 », explique Airparif.

Magali Gruet