Transformation de l’avenue Foch à Paris: «La ville n’est jamais finie»

URBANISME – Un projet de modification de l’avenue parisienne a été présenté, ce jeudi, en présence d’Anne Hidalgo…

Mathieu Gruel

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 La candidate PS à la Mairie de Paris Anne Hidalgo lors d'un déplacement sur l'avenue Foch le 23 janvier 2014.
 La candidate PS à la Mairie de Paris Anne Hidalgo lors d'un déplacement sur l'avenue Foch le 23 janvier 2014. — JOEL SAGET / AFP

«Je ferai tout ce que je peux pour convaincre les riverains.» A son arrivée, ce jeudi matin sur l'avenue Foch à Paris (16e), un comité d'accueil attend Anne Hidalgo, la candidate socialiste aux élections municipales. A deux pas de la porte Dauphine, une petite trentaine de personnes a déroulé une banderole, barrée d'un «Non au projet», inscrit en rouge. Le collectif, baptisé «Mieux vivre ensemble dans le quartier Dauphine», et qui revendique 200 adhérents, goûte peu cette visite matinale.

Dans un tract remis aux journalistes présents, ils dénoncent un projet «absurde et sans aucune raison urbanistique valable». Ce qui n'est bien évidemment pas la vision de la candidate socialiste, qui salue quant à elle «l'intuition intelligente du projet», dévoilé dimanche dans la presse.

Avenue du Monoply

Et s’il ne fait pas encore partie du programme de la socialiste, cette dernière confirme son souhait «qu'à partir de ces intuitions, on puisse avoir un grand projet d'aménagement de l'avenue Foch et de la porte Dauphine». Car jusqu'ici, la démarche avait été uniquement portée par des cabinets d'architectes et d'urbanistes indépendants. Ensemble, ils travaillaient depuis deux ans et demi à cette idée, qui a germé dans la tête d'Eric Rozenblat, du cabinet Constructions et Développements Urbains.

Un jour, alors qu'il cheminait au hasard sur cette avenue «que je ne connaissais finalement que par le Monopoly», il explique avoir eu la sensation d’être «en pleine campagne». Pas un distributeur de billets, aucun commerce et la sensation «d’être tout seul» à déambuler sur cette avenue, la plus large de la capitale.

Ne pas «démolir Haussmann»

Et aussi la seule classée, «ensemble avec le bois de Boulogne, en 1957», rappelle l'architecte Jean-Christophe Masson du cabinet Hamonic Masson & Associés, qui a travaillé sur le projet. Pour lui, l'idée n'est donc pas «de démolir Haussmann», mais bien de retrouver les usages de l'époque, «avec des gens qui s'y promènent».

Car l'automobile s'est depuis incrustée dans le paysage. Ainsi, «le rond-point de la porte Dauphine a été construit en 1961 sur ce site classé, tout comme le périphérique en 1973», rappelle l'architecte. Sa construction créa d'ailleurs un espace résiduel entre la nouvelle infrastructure et les constructions existantes. C’est là que les concepteurs du projet verraient bien s’implanter 7.000 logements, entre la porte Dauphine et la porte d'Auteuil.

«D’autres surprises»

De quoi intéresser également Laurent Batsch, président de l'Université Paris Dauphine, qui soutient le projet. Lui imagine voir pousser logements étudiants et équipements sportifs, tout «en respectant l'histoire et le cachet du quartier, mais sans muséifier la ville», explique-t-il.

Car il y a 160 ans, c'était «un endroit vivant, pas déconnecté», rappelle Jean-Christophe Masson. «Et nous avons toujours à coeur de raccrocher les grandes transformations urbaines à l'histoire», a rappelé Anne Hidalgo, prônant également «la mixité» dans ce quartier huppé et promettant «d’autres surprises» du même ordre, sur d’autres lieux.

«Révéler des territoires à Paris» serait donc encore possible, dans une ville «souvent décrite comme terminée», fait remarquer Eric Rozenblat. Car d’après lui, «la ville n'est jamais finie». 

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