Créer ? Oui, à l'étranger

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Après la célèbre « fuite des cerveaux », faut-il craindre celle des jeunes créateurs d'entreprises ? Selon un sondage réalisé par la chambre de commerce et d'industrie de Paris (8e) à l'occasion des Rencontres de l'entrepreneuriat qui se terminent aujourd'hui, 70 % des étudiants des écoles de commerce franciliennes interrogés* estiment que créer une entreprise en France est difficile. Et 58,8 % d'entre eux considèrent du coup qu'il est préférable de monter sa boîte à l'étranger. Parmi les freins que ces jeunes évoquent, les difficultés pour obtenir un prêt bancaire, le montant des charges sociales et la lourdeur administrative reviennent le plus souvent.

Vieille rengaine ou réalité ? « Ce sont des a priori, estime Thierry Jacquillat, président de l'association Paris-Ile-de-France capitale économique. Créer une entreprise n'est simple nulle part. Certes, les investisseurs sont prêts à prendre davantage de risques aux Etats-Unis qu'en Europe, mais les contraintes sont les même à Londres ou Tokyo qu'en Ile-de-France. » Il précise en outre que créer son entreprise en France est aujourd'hui bien plus facile qu'il y a cinq ans. Une tendance qui se confirme en Ile-de-France, où 59 000 entreprises ont vu le jour en 2005, soit 7 000 de plus qu'en 2003.

De fait, les hommes d'affaires en herbe semblent malgré tout de plus en plus attirés par l'aventure entrepreneuriale. Plus de la moitié d'entre eux (54,3 %) disent envisager de créer leur structure. Soit « 10 à 15 % de plus qu'en 2002 », selon Xavier Cornu. Le directeur général adjoint de la CCIP chargé de l'enseignement voit dans cette volonté d'entreprendre la preuve que « la jeune génération a envie de travailler, à condition de récolter les fruits d'un engagement personnel ».

Laure de Charette

* Sondage mené auprès de 1 800 étudiants des douze écoles de commerce de la CCIP (HEC, ESCP-EAP, Advancia, etc.)