Une étude dévoile les lieux favoris des Parisiens

Oihana Gabriel

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La place de la République, à Paris, le 16 juin 2013.
La place de la République, à Paris, le 16 juin 2013. — V.WARTNER / 20 MINUTES

Le musée du Louvre, le jardin du Luxembourg et la place de la République ont la cote. Une étude du cabinet de conseil Happycurious, commandée par Master Card pour proposer à ses clients sur la plateforme Priceless Paris des événements séduisants, définit une géographie des préférences des Parisiens. Les tendances qui se dégagent de cette étude qualitative dévoilée ce mardi et effectuée sur 45 Parisiens sont à prendre avec des pincettes. Mais pour le cabinet, ils sont corroborés par une étude quantitative, cette fois sur un éventail de 400 personnes, qui ont pu voter, non pour le prochain maire, mais pour leurs lieux de prédilection.

Ces lieux favoris des Parisiens, selon l'étude qualitative d'Happycurious

 

Effervescence au nord. Premier constat: la cartographie des loisirs de la Ville Lumière s’est inversée. «Au niveau géographie, on s’aperçoit que le paysage évolue. Le clivage entre rive gauche/rive droite se transforme: les personnes qui créent se situent au nord, alors que la rive gauche a une image passéiste», détaille Elodie Giraud, de Happycurious. Très clairement, les cartes pointant les restaurants et lieux de sorties nocturnes montrent un sud-ouest de la capitale éteint et un nord-est vivace. De même, les priorités semblent avoir évolué: «Le bon et l’énergie remplacent le beau et l’élégance», résume Elodie.

Simplicité. Autre tendance, les Parisiens valorisent l’artisanat, la simplicité. Aucune chaîne de restaurant ne ressort des lieux suggérés par les personnes interrogées. Les grands chefs qui auraient multiplié les ouvertures sont aussi boudés. En revanche, le «bien manger», les défenseurs des produits séduisent davantage que Fauchon ou Ladurée. Et les nouveaux agitateurs de la scène gastronomique, qu'ils cherchent du côté de l'éphémère ou du non traditionnel s’appellent fooding, Omnivore, les pop-up dinners et les food trucks. «La grande cuisine, on n’en fait pas tout un plat», résume Elodie Giraud, pointant les menus uniques, des cartes parfois inexistantes, des recettes de plats populaires remis au goût du jour et des noms de restaurant simples comme Manger, Table… 

Les habitants de la capitale semblent apprécier le transgenre. Le cabinet s’appuie sur les ouvertures de lieux transversaux: il y a eu les concept-stores, mais aussi des lieux artistiques mêlant tous les arts comme la Splendens Factory.

Le collectif. Le «do it yourself» poursuit, lui, sa conquête de Paris. Aller à la rencontre des artistes dans leur atelier, parfois même fabriquer ou prendre des cours de cuisine, s’équiper avec le matériel d’un professionnel, voilà ce qui se dégage de ces sondages. Et le collectif semble aussi à la mode. Une mouvance collaborative qui s’illustre par des projets montés par plusieurs entrepreneurs, comme la République pâtissière rue de Saintonge, des lieux de co-working qui essaiment…

Le local. Mais surtout, les Parisiens semblent attachés à la proximité et au lien social. L’étude dévoile ainsi une capitale des villages, où les habitants se définissent d’abord par leur quartier d’origine. Et la relation bienveillante et intime avec les commerçants reste un pré-requis. «L’acte d’acheter doit être personnalisé, aux antipodes des malls, souligne le cabinet. Le centre commercial n’appartient pas à la culture parisienne.» Une mauvaise nouvelle pour l’immense centre Beaugrenelle qui vient d’ouvrir. «Quand on leur parlait cet été de Beaugrenelle, nos interlocuteurs semblaient septiques, avoue Elodie. En revanche, on a l’impression que la politique municipale sur l’aménagement urbain comme sur l’offre culturelle a été appréciée: ainsi, les berges font partie des lieux de sortie à ciel ouvert, le café du 104 a été cité et la place de la République rénovée arrive en tête des places préférées des Parisiens.» Une petite étude qui pourrait attirer l’attention à quatre mois des élections municipales.