La réforme des rythmes scolaires au menu du Conseil de Paris

Oihana Gabriel

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Illustration rentrée scolaire.
Illustration rentrée scolaire. — A. GELEBART / 20 MINUTES

«Il est temps que le maire de Paris reconnaisse qu’il s’est planté», tonne Jean-François Legaret, président du groupe UMPPA. Les nouveaux rythmes scolaires n’ont pas fini d’être au menu des discussions des conseillers de Paris qui vont débattre de ce sujet ce mardi.

Trois manifestations en une semaine contre la réforme

Le groupe UMPPA dépose en effet un vœu pour connaître, par arrondissement, la liste des ateliers, leurs intervenants et le nombre d’enfants par activité périscolaire. Deuxième demande: l’opposition demande à l’exécutif de préciser les incidences budgétaires des mesures prises pour cette réforme. Bernard Gaudillère, adjoint au maire chargé du budget admet qu’«il est possible que des compléments budgétaires soient proposés à Bertrand Delanoë» pour compléter le montant avancé de 54 millions d’euros (dont 30 millions sont versés par l’Etat).

L’UMPPA souhaite aussi que les directeurs d’écoles retrouvent un rôle dans la définition des règles de leur établissement. «J’ai rarement vu les directeurs d’écoles s’exprimer avec une telle liberté de ton», avoue Jean-François Legaret. Comprendre: un tel mécontentement. Mais la droite parisienne n’est pas la seule à taper sur cette réforme. Cette semaine, les parents de maternelles et de primaires vont devoir jongler entre RTT et baby-sitter: dès ce mardi, une grève des animateurs leur imposera de récupérer leurs enfants dès 15h.

Mercredi, certains parents eux-mêmes boycotteront l’école pour exprimer leur colère. Et jeudi, c’est au tour des enseignants de participer à une mobilisation nationale contre cette réforme des rythmes scolaires. «On navigue à vue financièrement et sur la qualité des ateliers, critique Valérie Montandon, conseillère de Paris dans le 12e. Les vacances de la Toussaint sont terminées et c’est encore le bazar!» L’opposition estime le montant de cette réforme à environ 100 millions d’euros en année pleine. «Tout ça pour une garderie améliorée…», peste celle qui est aussi porte-parole de NKM.

Quelques ajustements

Du côté des socialistes, on se félicite d’avoir lancé cette réforme dès 2013. «Une nouvelle équipe municipale va arriver en avril 2014, argumente Anne Hidalgo, première adjointe et candidate socialiste aux élections municipales. Je ne vois pas comment elle aurait pu faire le travail que nous avons effectué entre janvier et septembre 2013.»

Mais à la suite d’un premier comité de suivi, la municipalité reconnaît que certains ajustements sont attendus. «C’est un changement fondamental, reprend Hidalgo. On a fait le point sur les problèmes qui demeurent. Nous avons, par exemple, modifié des horaires pour faciliter le ménage. Des associations qui ne correspondaient pas aux critères de qualité ont été écartées et remplacées. Mais il est vrai que dans 7% des écoles, nos services doivent davantage dialoguer avec les enseignants. Et nous allons travailler également sur la question de la sieste des maternelles.» A voir si ces modifications suffiront à calmer la colère des enseignants, des animateurs et des parents d’élèves.