Les mauvais comptes de l'Institut du monde arabe

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Une quarantaine de salariés de l'Institut du monde arabe (IMA) ont répondu présent hier à l'appel à la grève lancé par l'intersyndicale (CGT, CFDT, FO, FSU et SUD). Le personnel exige le retrait d'un plan qui prévoit dix licenciements parmi les cent cinquante permanents. En « quasi-cessation de paiement » selon la direction, l'Institut présente depuis plus de dix ans un déficit annuel oscillant entre deux et cinq millions d'euros. Le comité d'entreprise doit examiner aujourd' hui le projet de réorganisation et de compression des effectifs.

De son côté Yves Guéna, président de l'IMA, se dit prêt à recevoir l'ensemble des salariés lundi prochain. « Compte tenu du trou abyssal de l'IMA, il est nécessaire de redresser sa gestion. Et l'équilibre budgétaire devra passer par une restructuration du personnel », a-t-il déclaré.

Outre « l'ouverture d'un réel dialogue », Safi Khatib, délégué CGT, syndicat majoritaire au CE, dénonce, lui, « une entreprise de démantèlement des activités culturelles au lieu de responsabiliser les autorités de tutelle et leurs partenaires arabes ».

Bien qu'il accueille un million de visiteurs par an, l'IMA est confronté à un double problème. Il est paritairement financé à 60 % par le ministère des Affaires étrangères et à 40 % par les vingt-deux pays de la Ligue arabe. Or, la subvention allouée par le Quai d'Orsay, qui s'élève à 8,7 millions d'euros par an, n'a jamais été réajustée. D'autre part, de nombreux Etats arabes, dont la Libye et l'Irak, ne paient pas régulièrement leur quote-part.

J.-B. Ferrière