Municipales 2014: Najdovski trace son sillon vert vers la Mairie de Paris

Oihana Gabriel et Anne-Laëtitia Béraud

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Christophe Najdovski, adjoint au maire de Paris à la Petite Enfance et candidat EELV pour les élections municipales de mars 2014.
Christophe Najdovski, adjoint au maire de Paris à la Petite Enfance et candidat EELV pour les élections municipales de mars 2014. — V. Wartner / 20 Minutes

Le candidat vert à la Mairie de Paris veut faire entendre sa petite musique pour les élections municipales dans la capitale, en mars 2014. Quitte à jouer une partition d’équilibriste, car Christophe Najdovski, désigné par les militants EELV le 8 juin pour être le chef de file écolo pour cette campagne, compte conserver son poste d’adjoint au maire socialiste chargé de la Petite enfance.

Il sera donc seul, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) ayant choisi de monter une liste autonome pour le premier tour des élections. Une situation déjà expérimentée en 2008. Face au duel annoncé UMP-PS, le quadra, militant chez les Verts depuis vingt ans, réplique: «Il faut arrêter de dire qu’il n’y aurait que l’UMP ou le PS qui serait propriétaire de la Mairie de Paris et qui se la refileraient d’alternance en alternance.»

Garder sa liberté de parole

Chacune des candidates PS et UMP prend donc un coup de griffe: «NKM a été la ministre du diesel. C’est sous son ministère qu’a été accélérée la diésélisation du parc automobile. Quant à Anne Hidalgo, c’est la tour Triangle, les tours de bureaux, l’extension de Roland-Garros, des stades à 160 millions d’euros», égratigne-t-il.

Mais le «partenariat» avec les socialistes primera pour le deuxième tour de ces élections: «Personne ne souhaite le retour du sarkozysme à Paris», souligne-t-il, pointant NKM. Avant d’appuyer: «Il y aura rassemblement [avec les socialistes]. Mais je me bats pour être en tête de ce rassemblement.»

Le candidat écolo, né dans le 20e arrondissement de parents venus de Yougoslavie, promet de garder sa liberté de parole. Et n’épargne pas le maire de Paris: «Bertrand Delanoë ne s’est pas assez appuyé sur les propositions de ses adjoints, on a parfois appris certaines décisions dans la presse», regrette-t-il.

Privilégier le fond «aux coups de menton»

Peu connu, ce conseiller de Paris depuis 2001 se présente comme un élu de terrain proche des réalités des électeurs. «Je suis un Parisien ordinaire, je prends les transports en commun, je rencontre les Parisiens au quotidien.» Des jeunes surtout, Christophe Najdovski ayant enseigné l’économie pendant dix ans en banlieue parisienne. «Je vois les difficultés qu’ont les jeunes en termes d’insertion professionnelle. Ca permet de garder les pieds sur terre», souligne-t-il. «Christophe n’est pas un tribun, le sauveur suprême qui va tout rénover mais un bosseur, reconnaît Danielle Fournier, coprésidente du Groupe Europe Ecologie-Les Verts au Conseil de Paris. Et ça nous convient pour porter l’écologie des solutions concrètes.»

Et si sa discrétion est parfois critiquée, lui répond que «souvent la politique, ce sont les coups de mentons pour se faire entendre, mais il y a d’autres moyens de se faire entendre. C’est travailler les dossiers. C’est comme ça que j’ai réussi à être désigné par les militants parisiens [pendant la primaire écolo pour les municipales]».

Duflot, une compétitrice devenue atout

Pour se faire connaître, il compte sur la ministre du Logement Cécile Duflot, qui après des atermoiements, a assuré qu’elle ne se présenterait pas à Paris. «Je sais qu’elle est à mes côtés. Elle sera sur la liste dans le 11e, mais en dernière place. Elle apportera son expérience, sa notoriété au service de ma candidature. On fera un certain nombre d’actions avec elle.»

Quid des propositions écologistes pour Paris? Samedi 19 octobre, les Verts ont dévoilé têtes de listes et propositions, dont le bouclage du trajet du tramway sur les boulevards extérieurs, la poursuite de la piétonnisation des berges de la Seine et l’extension du Vélib' à toute la petite couronne. Le logement reste une des priorités du candidat, qui affiche une volonté d’arriver à 50% de logements dans les projets de nouveaux quartiers. «Le logement à Paris, ce n’est pas s’empiler les uns sur les autres. Il faut que l’on sorte de cette idéologie démagogique d’être tous propriétaires à Paris, ce qui a alimenté la spéculation. Il faut donner la priorité au logement locatif, à la fois dans le logement social et le parc privé.» Christophe Najdovski, qui a déjà couru trois fois le marathon de Paris, se lance dans une nouvelle course de fond.