Municipales 2014: A Paris, Anne Hidalgo et Ian Brossat font front commun

POLITIQUE Première sortie pour le PS et le PCF après le vote des militants du Parti communiste en faveur d’une liste commune...

Maud Pierron

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Anne Hidalgo et Ian Brossat lors d'une conférence de presse à Paris le 22 octobre 2013.
Anne Hidalgo et Ian Brossat lors d'une conférence de presse à Paris le 22 octobre 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Anne Hidalgo et Ian Brossat ont officialisé devant les photographes l’union de leur liste. La candidate PS à la mairie de Paris et le chef de file des communistes parisiens ont réuni la presse ce mardi matin, dans un café parisien en face de la mairie du 17e, pour une conférence de presse commune. L’accord PS/PCF, c’était d’ailleurs le premier sujet à évacuer pour parler programme. «En 2001 et en 2008, nous étions ensemble. Nous avons créé une culture commune qui est le respect des différences et ce qui nous unit est l’intérêt des Parisiens», a vanté la candidate PS face à de nombreux médias. Pour Ian Brossat, l’exercice était un poil plus compliqué, surtout après que Jean-Luc Mélenchon a dénoncé cet accord PS/Front de gauche, jugeant avoir «le cœur en cendres» et se sentant trahi. 

S’il y a eu accord, énonce Ian Brossat, c’est qu’il faut «tout faire pour battre la droite qui est opposée à tous les progrès sociaux» et parce qu’à Paris « nous menons une vraie politique de gauche» avec l’objectif de 30% de logement sociaux, la gratuité des premiers m3 d’eau par exemple. Mélenchon «devrait être heureux qu’un grand nombre de propositions du Front de gauche seront mises en œuvre dans les six ans à venir si on l’emporte», a ajouté le jeune élu communiste. Et presque de faire la leçon au leader du Front de gauche: «Quand on fait de la politique, c’est pour être utile.» Mais, jure-t-il, «il ne faut pas dramatiser l’enjeu du vote de samedi. Paris n’est pas la France, le Front de gauche continuera.»

Ian Brossat porte-parole

Tous vantent évidemment «la dynamique de rassemblement», matérialisée par la nomination de Ian Brossat comme porte-parole d’Anne Hidalgo. Laquelle ne peut s’empêcher de se servir de cet accord pour lancer une pique à sa rivale :«Tout s’est fait dans la transparence. On est dans une culture qui tranche avec la droite parisienne.» La candidate PS a par ailleurs mis en avant «les propositions innovantes» du PCF et le programme commun «audacieux» et «ambitieux».

Outre l'objectif de 30% de logements sociaux à Paris en 2030 (passé de 13% en 2001 à 20% en mars 2014), la candidate PS a fait sien également le souci de rendre l'alimentation meilleur marché pour les Parisiens via des «halles alimentaires de proximité». Des producteurs d'Ile-de-France viendraient vendre directement aux consommateurs parisiens, faisant ainsi baisser les coûts.

Au rayon des «propositions innovantes» des communistes, Anne Hidalgo a évoqué un observatoire parisien des violences faites aux femmes ou encore la création d'un Conseil économique, social et environnemental local pour associer les partenaires sociaux aux choix de la Ville. A propos du logement, «priorité des priorités», elle a relevé que Marielle de Sarnez (MoDem) défendait l'objectif des 25% de logements sociaux en 2025. «C'est l'application de la loi. Et que dit la droite? Est-ce qu'elle considère que ça fait partie de son programme?» a-t-elle interrogé.