Un plan pour sortir du système D

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Après plusieurs modifications, le schéma directeur du RER D revient aujourd'hui devant le Stif (Syndicat des transports d'Ile-de-France). Ce document élaboré par la SNCF et RFF, et que 20 Minutes a pu se procurer, présente les orientations à court, moyen et long terme afin d'améliorer la qualité de service de cette ligne, considérée comme l'une des pires du réseau. Le taux de régularité atteignait un peu glorieux 86 % à la fin du mois d'octobre. « C'est dur », reconnaît-on à la SNCF. Ce schéma directeur sera soumis à enquête publique début 2007.

A court terme, c'est-à-dire à partir de décembre 2008, il est proposé de revoir les dessertes. Quatre scénarios vont être soumis à enquête. La philosophie qui domine parmi ces différentes variantes est de réduire les « missions longues » entre Malesherbes et Villiers-le-Bel (environ 100 km), pour fluidifier le trafic dans le tunnel entre Châtelet et Gare-du-Nord, où le RER D doit partager les voies avec le B. Conséquence : au nord de la ligne, le nombre de trains en heure de pointe diminuerait de 12 à 8 par heure, ce qui ferait passer le taux d'occupation des trains de 40,5 % à 60 %. Au sud, où subsistent les principaux points noirs en raison de la complexité de gérer trois branches, c'est surtout un allégement des circulations dans le tronçon commun (de Villeneuve-Saint-Georges à Paris) qui s'opère, et un réaménagement des circulations en gare de Juvisy et Corbeil-Essonnes. C'est à Corbeil que restent de nombreux « conflits de circulation » en raison de la coexistence des réseaux RER, Transilien, fret et grandes lignes. Dans le meilleur des cas, ces scénarios pourraient faire gagner cinq points de régularité à la ligne.

A moyen terme, soit à partir de 2012, trois nouveaux scénarios de desserte, dans le prolongement des scénarios à court terme, sont proposés. C'est aussi à cette date que la SNCF devrait retirer de la circulation les trains les plus anciens, les « p'tits gris ». Des investissements d'infrastructures de l'ordre de 150 millions d'euros devront aussi être engagés.

A long terme, soit en 2015, trois autres scénarios de desserte sont encore proposés, déclinaisons des scénarios à moyen terme. Ils tiennent aussi compte des évolutions démographiques. Ainsi, il ressort qu'« une mission supplémentaire entre Lieusaint-Moissy ou Combs-la-Ville-Quincy et Gare-de-Lyon » sera nécessaire. Les aménagements d'infrastructures les plus complexes (entre 220 et 250 millions d'euros), « seront réalisés », annonce le document.

Mickaël Bosredon

Les chiffres : 470 000 voyageurs circulent chaque jour sur la ligne D, soit environ 20 % du trafic Transilien. 160 km C'est la longeur totale de la ligne D, dont la mission la plus longue mesure 100 km, ce qui multiplie les risques d'incidents. 57 gares desservies, dont 10 au nord de Paris. 36 passages à niveau subsistent encore sur les sections de ligne, représentant autant de points de fragilité. (source : Stif)