Paris: La justice ordonne l'expulsion d'une squat du 10e arrondissement

SOCIAL Une soixantaine de personnes dorment depuis décembre 2012 dans cet immeuble de bureaux abandonné dans le 10e...

avec AFP

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Le 7 janvier 2013, le DAL, Jeudi noir et des familles ont requisitionné depuis une semaine l'ancien siège social vacant du bijoutier Histoire d'Or dans le 10e arrondissement de Paris, au 2 rue de Valenciennes.
Le 7 janvier 2013, le DAL, Jeudi noir et des familles ont requisitionné depuis une semaine l'ancien siège social vacant du bijoutier Histoire d'Or dans le 10e arrondissement de Paris, au 2 rue de Valenciennes. — V. WARTNER / 20 MINUTES

La Justice a ordonné mercredi l'expulsion des mal logés qui occupent depuis fin 2012 un immeuble vide du nord-est parisien, leur accordant des délais de 2 à 6 mois, ont annoncé les associations Droit au logement (DAL) et Jeudi Noir.

Une soixantaine de personnes, dont 13 ménages et 27 enfants, se sont installées depuis le 29 décembre 2012 dans un bâtiment de bureaux désaffectés situé au 2, rue de Valenciennes (Xe arrondissement), avec l'aide des associations Jeudi Noir et Droit au Logement (DAL).

Le tribunal aacorde deux à six mois de délai

Saisi par les propriétaires du bâtiment, un groupe familial espagnol, le tribunal d'instance du 10e arrondissement de Paris a rendu mercredi un jugement d'expulsion mais a accordé aux squatteurs des délais, de 2 mois pour certains à 6 mois pour les familles reconnues prioritaires Dalo (droit au logement opposable), a expliqué Ophélie Latil, de Jeudi Noir.

Même si certains peuvent être expulsés dans deux mois, elle juge peu vraisemblable que la police vienne "trier" ceux qui devront partir avant Noël et ceux qui resteront jusqu'à la mi-mars. "A priori, il n'y aura pas d'expulsion avant six mois", estime-t-elle.

«C'est une bonne nouvelle, on passe l'hiver»

"C'est une bonne nouvelle, on passe l'hiver", a déclaré Jean-Baptiste Ayrault, porte-parole du Dal. "Ce jugement va mettre un peu de baume au coeur à tous ceux qui sont squatteurs par nécessité".

Lors d'une audience en juin, la défense des squatteurs avait évoqué "l'état de nécessité", soulignant que toutes les familles étaient demandeuses de logement social depuis plusieurs années, et la plupart reconnues prioritaires Dalo.

Certaines ont été expulsées de leur logement pour cause de suroccupation, d'autres ont été victimes de marchands de sommeil, d'autres ont connu un parcours d'errance, avec des nuits passées dans la rue, des gares ou des hôtels souvent hors de prix.

Les propriétaires ont un mois pour faire appel. Leur avocat n'avait pu être joint en début d'après-midi.