Paris

«Aucun cours ne remplace ce qu’on voit»

Interview d'Anne-Marie Revcolevschi, directrice générale de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

Interview d'Anne-Marie Revcolevschi, directrice générale de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.

Pourquoi commander cette étude sur les visites des lycéens ?
Nous finançons beaucoup de voyages et nous expertisons systématiquement leur impact. Nous n’avons pas demandé cette étude en fonction des critiques émises l’année dernière quand des élèves se sont mal comportés à Auschwitz. Nous souhaitions juste déterminer quelle était la préparation idéale pour ces voyages, l’âge adéquat et la durée nécessaire pour qu’ils aient le plus d’impact.

Quelles sont vos conclusions ?
Nous savons ce que l’on doit attendre de ces voyages. Les faits doivent avoir été enseignés avant. L’objectif, c’est que l’élève soit confronté à la réalité de l’horreur. C’est un choc émotionnel obligatoire. Aucun cours ne remplace ce que l’on voit.

Comment expliquez-vous l’impact auprès des musulmans ?
Ils y vont avec beaucoup plus de préjugés. Lorsque nous avons commandé l’étude, il y avait beaucoup
d’actes antisémites en France. Certains musulmans faisaient un amalgame entre ce qui se passe actuellement au Proche-Orient et la Shoah. Après le voyage, ils comprennent à quoi l’antisémitisme peut mener.

Vous posez-vous des questions qui restent sans réponse ?
Nous aimerions savoir ce qu’il reste de ces voyages dix ans après. Je crois que cette expérience reste quelque part au fond des consciences. C’est quelque chose qui va être imprimé à vie.

Recueilli par M.G.