Valérie Pécresse: «Jean-Paul Huchon a laissé les lycées d'Ile-de-France à l'abandon»

Propos recueillis par Delphine Bancaud

— 

Valerie Pécresse, présidente du groupe UMP au Conseil Régional d'Ile de France, dans son bureau au Conseil régional, rue de Babylone à Paris, le 12 septembre 2012
Valerie Pécresse, présidente du groupe UMP au Conseil Régional d'Ile de France, dans son bureau au Conseil régional, rue de Babylone à Paris, le 12 septembre 2012 — ERIC BAUDET/JDD/SIPA

Alors que les élèves franciliens retrouvent le chemin des lycées dès mardi, Valérie Pécresse, présidente du groupe UMP au conseil régional d'Ile-de-France, estime que les établissements scolaires patissent d'un manque d'investissement de la majorité socialiste.

Vous dénoncez à cette rentrée le mauvais état des lycées franciliens, sur quels éléments fondez-vous votre analyse?

Alors que l’éducation et la jeunesse devraient être des priorités pour la région, Jean-Paul Huchon a laissé les lycées à l’abandon depuis plusieurs années et la situation empire en 2013. Ainsi, 50 lycées franciliens sur 469 dépassent leurs capacités d’accueil. Exemple le plus criant: le lycée Michelet de Vanves compte 316 élèves de trop.  Et l’on constate dans nombre d’établissements, des problèmes de sécurité, de vétusté, d’isolation sonore qui ne permettent pas aux jeunes d’étudier dans de bonnes conditions. Ce qui joue sur le climat régnant dans ces lycées.

Les budgets alloués à la construction et à la rénovation des lycées sont-ils insuffisants?

Oui, car Jean-Paul Huchon a volontairement réduit les investissements. En 2009, 622 millions d’euros étaient consacrés aux lycées et en 2012, seulement 323 millions d’euros. Soit 299 millions d’euros d’écart, une somme qui aurait pu permettre la création de 10 lycées. Et alors que depuis 2001, 194 opérations de rénovation et de créations de lycées ont été programmées, seulement 52 d’entre elles ont été livrées. Aujourd’hui, sur les 121 opérations restant  en cours, la moitié est en retard.

Qu’en est-il de la création de places en internat?

En 2004, Jean-Paul Huchon avait promis la création de 2.500 places et à ce jour, seulement 100 ont été livrées. Pourtant la région avait les moyens de le faire, mais elle a fait d’autres choix politiques.

Vous critiquez aussi le fait que la région ait rogné sur certaines aides accordées aux lycées privées sous contrat…

Oui, car à partir de cette rentrée, les manuels scolaires ne seront plus financés par la région pour les 90.000 lycéens du privé sous contrat. Cette aide représentait auparavant 150 euros par an et par élève.  Elle a aussi supprimé l’année dernière l’aide qu’elle fournissait pour  la demi-pension pour les élèves boursiers (152 euros par an et par élève). Ce sont des choix purement idéologiques et injustes car contrairement aux idées reçues, beaucoup d’élèves issus de familles modestes sont scolarisés dans le privé.  

«On est chez les fous!» 

«Que quelqu'un dans cette enceinte puisse dire que l'on met moins sur les lycées, on est chez les fous!» Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France n’a pas la même analyse que l’UMP concernant la situation des lycées en Ile-de-France et il l’a fait savoir lors de sa conférence de presse de rentrée jeudi dernier. Concernant les retards de livraison de chantiers de certains lycées, la baisse des investissements et les places d'internat non réalisées pointés du doigt par Valérie Pécresse,  candidate UMP aux régionales de 2015, la région a affirmé que depuis 1999, 294 opérations dont 148 créations ou rénovations totales ont été engagées et que 92 ont été livrées et 56 sont en chantier. Jean-Paul Huchon a aussi reproché au passage à Pécresse d'avoir omis, comme ancienne ministre du Budget, de provisionner de quoi répondre à des contentieux européens, «qui vont coûter 10 milliards à la France».