Christian Favier : «Un projet vital pour l'Ile-de-France»

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Christian Favier, président PCF du conseil général du Val-de-Marne.

Vous créez aujourd'hui l'association « Orbival, un métro pour la banlieue » avec les élus de votre département. Quel sera son objectif ?

Promouvoir la réalisation d'une nouvelle ligne de métro entre Cachan et Val-de-Fontenay, d'une vingtaine de kilomètres. Le but est de relier les deux extrémités du Val-de-Marne en moins d'une demi-heure, car notre département souffre encore plus que les autres de l'absence de liaisons de banlieue à banlieue, en raison de coupures urbaines fortes [A 4, ligne D du RER, Marne...]. Il a donc besoin d'un mode de transport lourd en souterrain.

Alors que les projets de transport en commun sont nombreux actuellement, le coût de ce métro ne sera-t-il pas un frein à sa réalisation ?

Les estimations annoncent un coût de 90 millions d'euros par kilomètre. Soit 1,8 milliard d'euros au total. C'est élevé, mais ce projet est essentiel pour le développement de l'Ile-de-France, et s'inscrit dans la logique du futur schéma directeur, qui préconise une densification du coeur d'agglomération. Des études affirment que d'ici à 2020, les déplacements de banlieue à banlieue auront augmenté de 15 %. Notre réseau routier, saturé, ne pourra pas les absorber. En revanche, 20 % des automobilistes basculeraient vers ce métro, dont la fréquentation atteindrait 250 000 voyageurs par jour.

Mais le budget transports inscrit au contrat de projet Etat-région 2007-2013 (692 millions d'euros) ne pourra pas financer les études d'Orbival et lancer d'autres projets...

La part de l'Etat est d'environ 200 millions d'euros. Il ne pourra pas rester sur cette position. L'Etat ne peut pas tenir un discours sur le développement durable et se montrer si peu ambitieux quant à son investissement dans les transports en Ile-de-France. Nous pensons qu'il faut inscrire 500 millions d'euros au contrat de projet pour Orbival, afin de lancer les études et de financer les premières acquisitions foncières. Ainsi, en 2012, nous serions prêts à lancer les travaux. Un premier tronçon pourrait être mis en service en 2015.

Le tracé du « Métrophérique » proposé par la RATP vous convient-il ?

D'abord je pense que c'est à l'autorité organisatrice, le Stif, de mettre en oeuvre la politique des transports. La RATP doit rester un opérateur. Ensuite, on peut s'interroger sur la nécessité d'un métro qui fasse le tour complet de Paris. Enfin, pour la partie Val-de-Marne, nous préconisons un tracé qui irrigue mieux le coeur du département et s'éloigne davantage du périphérique : il faut éviter de doublonner avec le futur tramway des Maréchaux. Et il me semble que des villes comme Vitry, Créteil, Maisons-Alfort, Champigny, Nogent-sur-Marne ou Fontenay-sous-Bois sont pour le moment incontournables.

Recueilli par M. Bosredon