Clémentine Autain : «le viol reste un sujet tabou»

Alexandre Sulzer

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Prête à représenter la "gauche de la gauche" dans la course à l'Elysée, Clémentine Autain, 33 ans, cache, sous une allure juvénile et gracieuse, une détermination et un antilibéralisme farouches.
Prête à représenter la "gauche de la gauche" dans la course à l'Elysée, Clémentine Autain, 33 ans, cache, sous une allure juvénile et gracieuse, une détermination et un antilibéralisme farouches. — Joël Saget AFP

«Je me sens forte pour témoigner.» L’adjointe au maire de Paris chargée de la Jeunesse, Clémentine Autain (app. PCF), révèle, dans sa biographie (1) qui paraît mercredi, le viol dont elle a été victime il y a dix ans alors qu’elle préparait son Capes.

 Interviewée dans le magazine «Elle», la jeune femme politique explique ne pas avoir de «raison de nier ce qui a été une raison profonde» de son engagement féministe. Elle reconnaît que le moment choisi pour dévoiler ce drame «n’est pas un hasard» car c’est, selon elle, «une manière de porter la question des violences dans le débat» avant l’élection présidentielle. «Le viol reste un sujet tabou», constate-t-elle, citant l’exemple de son agresseur, «multirécidiviste», qui a avoué entre vingt et trente crimes mais contre lequel «seules trois plaintes ont été déposées».

Un manque de moyens et de formation
Et de dénoncer le manque de moyens dont disposent les tribunaux pour traiter les dossiers et les associations pour aider les victimes. «Les personnels de police ne sont pas assez formés» car «raconter dans un bureau froid, à un inconnu, ce qu’on vient de subir dans les détails, c’est très difficile». Elle assure toutefois dans l’hebdomadaire féminin «qu’il est possible de revivre, et pas seulement de survivre, après un viol» et «qu’on peut se reconstruire et même devenir plus forte».

Etonnée que son interview n’ait pas suscité davantage de réactions, elle déclarait, mardi à 20 Minutes.fr, être «convaincue que le sujet suscite encore un profond malaise».

(1) Clémentine Autain Portrait d’Anne Delabre, Editions
Danger Public, 10,50 euros.