Depuis 2004, des milliers de retraits

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Réunis hier à l'aéroport de Roissy, les syndicats FO, CFDT, CFTC, CGC, UNSA et SUD ont décidé de ne pas appeler à la grève pour l'instant, bien que la CGT ait poussé en ce sens. Ils ont convenu de se revoir le 17 novembre. L'action judiciaire devrait alors être bien avancée.

Mais la mobilisation ne porte pas seulement sur le retrait de ces 72 badges. Elle concerne l'ensemble de leurs processus d'attribution et de retrait. Selon la CFDT, depuis 2004, le sous-préfet de Roissy, Jacques Lebrot, aurait ordonné 3 585 retraits. Les syndicats parlent d'un « terrible durcissement », comme la CFDT qui dénonce les « pouvoirs surpuissants et dangereux » d'un seul homme, au risque de tomber dans « l'arbitraire ». Depuis septembre 2001, ce ne sont plus Aéroports de Paris et la chambre de commerce qui s'occupent de l'attribution des badges, mais la police aux frontières (PAF). Du coup, l'examen des dossiers ne se borne plus à la consultation d'un extrait du casier judiciaire, qui ne fait pas apparaître les simples rappels à la loi. Sont aussi interrogés les fichiers Stic et Judex de la police judiciaire et de la gendarmerie, qui mentionnent tout, y compris le nom des plaignants et des témoins. « Cela a généré des confusions, heureusement réparées dans un deuxième temps », relatent des salariés.

Reste que l'utilisation de ces fichiers engendrerait des « abus ». « On peut perdre son badge pour un joint fumé à l'adolescence, pour un PV impayé ou même pour un défaut de paiement de crédit à la consommation », détaille ainsi la CFDT.

M. H.