Les autres musulmans de Roissy «terrorisés»

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Cheick et Merimi sont musulmans, croyants, salariés à Roissy. Mais ont « échappé » au retrait de badge. Merimi ne se fait toutefois pas d'illusion : « J'attends le courrier. Un de ces jours, ça me tombera dessus. » Tous deux travaillent dans une société de nettoyage des avions. « Mes collègues me connaissent. Mais depuis la sortie du livre de Villiers sur les mosquées de Roissy, la méfiance monte, estime Cheick. Les musulmans sont regardés différemment. La police aux frontières nous contrôle plus. On a les menottes sans les avoir. » Cheick dit ne plus oser « rien faire » en dehors de son travail. « Je suis terrorisé. Le but, c'est de ne surtout pas se faire remarquer, de ne pas être dans un fichier. Demain, si quelqu'un défonce ma voiture, je ne porterai même pas plainte. Trop peur. »

M. H.

Les salariés visés dénoncent des enquêtes « bâclées ». L'un d'entre eux aurait reçu son « courrier d'accusation » à son ancien domicile, quitté il y a cinq ans. « S'ils ne connaissent pas mon adresse, que savent-ils de ma vie ? »