Contre la précarité étudiante, une opération resto U gratuit

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« Aujourd'hui, le resto U est gratuit. » Judith, 21 ans, militante de l'Union nationale des étudiants de France (Unef), ne se lasse pas d'entonner ce slogan en remplissant les assiettes des étudiants venus déjeuner. L'opération a duré une petite heure, hier, au restaurant universitaire du campus de Jussieu (Paris-VI). Objectif : « Interpeller et conscientiser les étudiants et le ministère de l'Education sur la précarité », explique Yann Benhayoun, 24 ans, responsable Ile-de-France du syndicat. Et en la matière, le prix du ticket du restau U, « qui augmente chaque année de cinq centimes », est un symbole important.

Aux tables du resto U, les réactions sont mitigées. Certains sont reconnaissants. C'est le cas de Florent, 22 ans, qui n'a d'autre choix que de travailler dix heures par semaine dans un supermarché pour s'en sortir. Mais beaucoup se disent sceptiques quant à l'impact réel de l'opération. « A part le fait qu'elle soit sympa, je vois mal en quoi ça va changer quelque chose », estime un étudiant. « Les prix du repas augmentent, comme tous les prix, c'est normal », ajoute une jeune fille à la table voisine.

Des étudiants pas tous convaincus donc. Mais l'Unef ne compte pas s'arrêter à cette action et maintient ses revendications, comme le déblocage de 90 millions d'euros pour que les bourses soient versées avant la fin de l'année. Il demande aussi que le budget 2007 augmente de 113 millions d'euros pour « rehausser la baisse du pouvoir d'achat » et tenir les promesses du plan Anciaux, qui fixe les objectifs quantitatifs en matière de construction et de rénovation de logement étudiant.

Marie-Colombe Afota