Un supermétro pour la Seine-Saint-Denis

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Les habitants de Seine-Saint-Denis, qui attendent leur rocade ferroviaire de pied ferme, vont enfin voir le bout du tunnel. L'enquête publique sur la construction des vingt-huit premiers kilomètres de la ligne « tangentielle », entre Sartrouville et Noisy-le-Sec, est lancée aujourd'hui. Derrière ce nom barbare se cache un projet de longue date, « évoqué depuis 1984 », se rappelle Serge Méry, vice-président (PS) du conseil régional, qui voulait « une ligne structurante pour la Seine-Saint-Denis, reliant les universités de Villetaneuse et Bobigny, des centres commerciaux et des hôpitaux ». A la SNCF, Jacques Tribout, responsable du département développement du Transilien, parle de « ceux qui habitent au nord mais doivent passer par Paris pour aller travailler à Roissy. Une aberration. Là, ils pourront rejoindre le RER B directement. Le réseau francilien, en radiales, est très beau, mais il manque un maillage en rocades », résume-t-il.

Cette ligne devrait prendre la forme d'un tram-train, « sorte de métro à grande vitesse, avec un train toutes les cinq minutes en heure de pointe, qui reliera Noisy-le-Sec à Sartrouville en 35 minutes, avec six nouvelles gares », assure la SNCF. Il sera connecté avec toutes les lignes de RER, et les trains des réseaux Paris-Nord et Paris-Saint-Lazare.

Un projet d'envergure qui a aussi un coût, estimé à un milliard d'euros. Il sera donc réalisé par tronçons. La partie Epinay-Le Bourget est prioritaire, avec un premier coup de pioche prévu en 2009, et une mise en service en 2014. Les deux extrémités devraient suivre si leur financement est inscrit au futur contrat de projet Etat-région 2007-2013, actuellement en discussion. « L'Etat semble y être favorable », rassure Serge Méry. Et la SNCF avance la date d'une mise en service totale en 2016, et une estimation de 157 000 voyageurs par jour. « Mais les pronostics sont toujours dépassés », prévient Serge Méry.

Ce tronçon, situé au nord de Paris, est appelé à être prolongé par l'est, « jusqu'à Val-de-Fontenay », selon Serge Mery, « puis vers Sucy-Bonneuil, Orly, Massy, Versailles », projette Jacques Tribout, qui espère un jour que la boucle sera bouclée « jusqu'à Sartrouville ». Mais impossible de connaître les délais : « Le RER A s'est construit en trente ans, je ne crois pas qu'au début ils savaient quand ça finirait. »

Magali Gruet