Paris

Une volée de bois Vert

Yves Contassot, candidat à l’investiture Verte aux municipales

I l l'admet. « On a du mal à me canaliser. » « L'électron libre » des Verts parisiens, qui trouve cette expression « un peu exagérée », a hérité en 2001 du poste d'adjoint à l'Environnement à la Mairie de Paris, après avoir mené la liste écolo à 12,5 % des voix. Un « score historique » qu'il « a fêté au champagne ». Il voulait s'occuper du logement. Mais Delanoë a choisi Jean-Yves Mano (PS). « Il voulait quelqu'un à sa botte », dit Yves Contassot. En second choix, il demande la sécurité. Refus net du maire, qui y place encore un socialiste. Contassot, « à gauche des Verts », accepte le poste proposé, mais dirige sa délégation comme bon lui semble. « Je trouve normal d'informer Delanoë de ce que je fais, mais je ne lui demande pas l'autorisation. » Le ton est donné.

Contassot tacle avec délectation. Même, et surtout, les copains. « Denis Baupin (adjoint Vert chargé des Transports), lui, ne fait rien sans demander l'avis du maire. » Même pas mal. Contassot assure qu'« en 2001, les phrases les plus assassines sur les Verts venaient des Verts », et perpétue la tradition. Il reproche par exemple à René Dutrey, le président des Verts au Conseil de Paris, 34 ans, de « faire partie de ces jeunes qui veulent accéder tout de suite aux postes à responsabilité ». Et de rappeler que lui est passé « par le syndicalisme, en 1974 à la CFDT, lors de la grève des banques », où il travaille encore. Puis son adhésion aux Verts, en 1993. « Le PS, c'était proscrit. Leur système était assez malsain à l'époque, au moins autant que maintenant. » Aïe, ça pique.

Le caractère de Contassot inquiète, parfois même dans son camp. Le week-end dernier, il n'a obtenu aucune investiture à Paris pour les élections législatives de 2007. Mais assure qu'il n'en avait pas vraiment envie. « Si j'avais voulu y aller, je m'en serais donné les moyens. » Il devait être investi pour affronter Françoise de Panafieu dans le 17e, mais assure que « Baupin s'y est opposé. Il a dit : “Si je ne vais pas aux législatives, je ne veux pas qu'Yves y aille.” » Ambiance. Il faut dire que les deux hommes briguent l'investiture Verte aux municipales. Mais Yves Contassot se garde bien de faire des pronostics. « Il y a un an, on disait Voynet foutue. Aujourd'hui, elle va à la présidentielle. »

Magali Gruet

René Dutrey, président des Verts au Conseil de Paris : « Baupin et lui sont les personnalités Vertes reconnues par les Parisiens. Il sera donc nécessaire à la campagne municipale, qu'il soit chef de file ou non. » Anne Le Strat, élue Verte du 18e : « Il a le courage d'assumer ses idées, ce qui n'est pas très fréquent en politique. Mais il fonctionne trop dans le conflit, il essaie de trouver l'opposition là où parfois il n'y en a pas. » Véronique Dubarry, élue Verte du 10e : « C'est un ovni chez les Verts. Humainement, je l'aime beaucoup. Il est obstiné. Quand il veut quelque chose, il ne lâche pas le morceau. »