La nouvelle place de la République se dévoile

Oihana Gabriel

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La place de la République, à Paris, le 16 juin 2013.
La place de la République, à Paris, le 16 juin 2013. — V.WARTNER / 20 MINUTES

Poussettes, joggers et joueurs d’échec devraient bientôt faire leur apparition place de la République. Mais ce dimanche, la foule était compacte pour l’inauguration de cet ancien carrefour piétonnisé. Après un an et demi de travaux, qui ont considérablement fait pester les automobilistes, ces 3,4 hectares en cœur de Paris affichent désormais 155 arbres, 129 chaises et une statue flamboyante.

 


«Toutes les concertations le montraient: la place était trop routière et ne proposait pas assez d’endroits pour s’asseoir», assure Julien Bargeton, adjoint au maire chargé des transports.  Nous avons inversé les proportions: avant les travaux, 2/3 de l’espace était dédié aux voitures, alors qu’aujourd’hui c’est 1/3.» La place pourra donc mieux accueillir les grands rassemblements et autres manifestations,  mais aussi au quotidien les Parisiens amateurs de promenade. Et certains événements culturels et sportifs qui se tiennent sur la parvis de l’Hôtel de Ville pourraient donc y être délocalisés.

 

Jeux de société et jeux d’eau

Les promeneurs découvriront dès dimanche un miroir d’eau, une surface plane, où les enfants pourront tremper leurs pieds et un peu plus de 150 chaises et bancs pour bronzer. Mais aussi d’une plateforme où des musiciens pourront pousser la chansonnette et les affamés se faire un pique-nique. Il faudra attendre le 13 juillet pour pénétrer dans le café couvert, Monde et Médias, où l’on pourra grignoter et consulter la presse du monde entier. Quant à la statue, elle a subi un lifting: après le ravalement, elle sera mise en valeur par un bassin d’eau. Et pour rendre cette promenade encore plus vivante, une ludothèque nommé l’R de Jeux proposera aux familles des jeux de société.

Un des challenges de ce gros chantier, avoue Antoine Viger-Kohler de l’agence d’architecture TVK, en charge de cette rénovation, résidait dans la conciliation entre mobilités. En clair, comment croiser les piétons, cyclistes, bus et autres automobilistes. « Nous avons installé des feux à un temps, c'est-à-dire que les piétons n’ont plus à s’arrêter en plein milieu de la voie. Et sur la partie nord de la place, interdite aux voitures, les taxis et bus pourront passer au pas.»

Rééquilibrage en faveur des piétons

Autre défi pour les concepteurs du projet: niveler un sol qui était bombé… avec les éléments fixe comme les sorties de métro. « Et on est sur le toit du métro: cinq lignes se croisent sous la place! Il a fallu travailler à consolider le sol, à l’étanchéité aussi. Et nous avons choisi un endroit stratégique pour le café, qui ne devait pas déjouer les contraintes du sous-sol», poursuit Antoine Viger-Kohler. Côté confort pour les piéton: des chaises mobiles couleur coquelicot (pour une ou deux personnes!), quelques marches au pied de la statue et des bancs «un peu comme des sofas urbains», détaille Antoine Viger- Kohler.

Le projet a de quoi séduire… excepté pour les automobilistes. Mais pour Julien Bargeton, la nouvelle Place de la République n’a pas reçu tant de plaintes et a été couplée avec la mise en double sens de grands boulevards pour plus de fluidité. «A chaque fois, on nous annonce des catastrophes… Mais la circulation automobile à Paris se réduit de 2 à 3% par an. Cette politique de rééquilibrage en faveur des piétons et des cyclistes correspond aux désirs des Parisiens», assure l’adjoint, qui rappelle que 60% des déplacements à Paris se font à pied contre 7% en voiture. Et la Mairie a veillé à disposer sur la place trois bornes de Vélib’ et quatre véhicules Autolib’.