Le patrimoine religieux fait pitié

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« Il pleut dans nos églises !» Ce cri d'alarme, c'est Béatrice de Antia qui le lance. Cette femme est à l'origine de la naissance en septembre dernier de l'Observatoire du patrimoine religieux (OPR). Son objectif est de recenser* tous les édifices religieux – couvents, chapelles, temples, synagogues, mosquées – existant en France. Et a fortiori menacés. A Paris, ils seraient près de deux mille « tous en péril » selon elle. Certains édifices ont beau faire actuellement l'objet de gros chantiers, comme l'église Saint-Sulpice (6e) ou la tour Saint-Jacques (4e), la grande majorité tombe en décrépitude. A l'image de l'église Saint-Louis-en-l'île (4e). Des filets ont dû être posés sur ses murs extérieurs, pour empêcher les pierres de tomber. Et les toitures sont percées. En fait, « en vidant les monastères de leurs moines, on a souvent condamné à la dégradation ou à la démolition des bâtiments, faute de nouvelle utilisation satisfaisante », explique Olivier de Monicault.

Reste que la Ville de Paris, propriétaire des 96 édifices cultuels parisiens construits avant 1905, consacre chaque année douze millions d'euros à la restauration de son patrimoine religieux. Soit environ quatre millions de plus que sous la mandature précédente.

L. d. C.

* L'inventaire sera consultable début 2007 sur le portail www.culture.fr