Les avocats de Bédier plaident la «coïncidence»

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Hier, l'heure n'était plus au procès Bédier au Tribunal correctionnel de Paris, mais à celui de Phillipe Courroye, le juge qui a instruit l'affaire. Les avocats de Pierre Bédier, maire de Mantes-la-Jolie (Yvelines) de 1995 à 2002, accusé de corruption passive sur des marchés de nettoyage, n'ont pas non plus épargné la procureure de la République. La veille, celle-ci avait requis dix-huit mois de prison, 80 000 euros d'amende et trois ans de privation de droits civiques contre l'ancien secrétaire d'Etat du gouvernement Raffarin, au nom d'un « faisceau d'indices » prouvant selon elle que ce « seigneur en son fief » avait bien touché des enveloppes contre des marchés.

En réponse, les avocats de Bédier ont plaidé le « manque d'éléments matériels solides » et ont mis en doute les témoins : « Tous devraient être poursuivis pour recel d'abus de biens sociaux. Ils y ont échappé grâce à leurs accusations contre Pierre Bédier ». Les ex-maîtresses et le beau-fils de l'entrepreneur en nettoyage Michel Delfau, mort en 2003, ont en effet largement profité des cartes bleues de ses sociétés. En vrac, week-end à Deauville à 60 000 euros, voitures de luxe, maison à Pondichery, restaurants et surtout bijoux. Pierre Bédier a certes rencontré plusieurs fois Michel Delfau peu après que celui-ci a retiré de l'argent. Mais dans la masse des retraits, ce ne peut être considéré, selon ses avocats, comme une preuve suffisante. Juste comme une « coïncidence ».

Michaël Hajdenberg