Un gynéco agressé par «intégrisme»

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L'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) parle de « mari violent ». Un syndicat de gynécologues va plus loin et qualifie d'« intégrisme musulman » les faits qui se sont déroulés à l'hôpital Robert-Debré (19e arrondissement). Dans la nuit du 8 au 9 septembre dernier, un gynécologue avait en effet été agressé par un mari qui ne voulait pas qu'il ausculte sa femme musulmane, alors que celle-ci venait d'arriver pour accoucher. « Car en tant que médecin homme, il ne devait pas examiner sa femme », rapporte le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). L'AP-HP se garde bien d'interpréter ce geste, et préfère retenir « une affaire de mari violent ». Le CNGOF et l'AP-HP ont porté plainte pour violence ; l'affaire sera examinée en correctionnelle le 24 janvier.

Devant la portée symbolique de cette agression, les réactions ne se sont pas fait attendre. Vendredi, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a exprimé son « indignation » dans un courrier, pendant que Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman, rappelait que « l'hôpital doit rester un lieu absolument neutre religieusement et idéologiquement ». Une position défendue par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français : « Nous le disons fermement, nous continuerons à avoir des services où les médecins hommes ou femmes apporteront les soins aux patients quel que soit leur sexe », au nom de la défense de « la liberté de la femme ».

L'AP-HP a recensé 185 faits de violence dans ses établissements en 2005, contre 145 en 2004. Elle ne fait pas la différence entre une agression à caractère religieux ou non, car elle estime que cela serait discriminatoire.