Hôtel Cosmos : l'incendie à torts partagés

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Le drame aurait-il pu être évité si le technicien de la Sicli, installateur d'alarme-incendie, avait posé un détecteur dans l'hôtel, comme la réglementation l'y oblige ? Hier, la société a en tout cas été mise gravement en cause dans le procès de l'incendie d'un hôtel insalubre à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), qui a coûté la vie à quatre personnes en 1999. Le technicien avait décidé de contourner la réglementation, craignant trop de déclenchements intempestifs s'il installait un détecteur... « On ne peut pas toujours respecter à la lettre les conditions législatives de sécurité », a expliqué à la barre le représentant de la Sicli, René Barbero. Une réponse « épouvantable », selon la présidente du tribunal de Bobigny. Le procureur, lui, s'est dit « inquiet pour les autres hôtels qui pourraient se trouver dans des situations pareilles ».

Le feu s'était déclaré le 4 juin 1999, au rez-de-chaussée du Cosmos, un hôtel meublé de quatre étages. Il avait fait quatre morts et vingt-huit blessés. Le procureur a réclamé une amende de 50 000 euros contre l'installateur de l'alarme-incendie. Il a également requis une peine de trois ans de prison avec sursis contre le gérant de l'hôtel et cent jours amende à 10 euros contre son fils.

L'établissement hôtelier était en effet frappé depuis 1994 par un arrêté de fermeture, jamais appliqué. La cage d'escalier, qualifiée par un avocat des victimes de « véritable cheminée », n'était pas dotée de système de désenfumage. Le jugement devait être mis en délibéré hier soir.

Le représentant de la Sicli a estimé que son technicien n'avait pas commis de faute en ne posant pas de capteur. Six ans après le drame, il est toujours employé de la société.