Roissy : des bagagistes musulmans mis en cause

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Parmi les bagagistes de Paris-Charles-de-Gaulle, c'est l'incompréhension. Plusieurs d'entre eux, de confession musulmane, ont reçu une lettre au cours des dernières semaines en provenance de la préfecture de Seine-Saint-Denis leur expliquant que leur « comportement personnel met en cause la sûreté aéroportuaire ». En conséquence, leur badge d'accès à la zone sécurisée leur a été ou leur sera retiré. Ce qui les empêche d'exercer leur métier.

« Au début, je ne l'ai pas pris au sérieux, raconte Hassan, qui travaille chez Acna, l'une des sociétés dont des salariés ont été visés. Mon casier est plus que vierge. Je me suis dit qu'ils allaient se ridiculiser lors de l'entretien. Mais en voyant que beaucoup de mes collègues ont reçu la même lettre, je pense que c'est une pure discrimination de licencier comme ça, sans aucun motif, alors que je travaille depuis dix-sept ans dans des aéroports et depuis dix ans à Roissy. » Selon un délégué CFDT, ils seraient au moins une soixantaine à être menacés. « C'est la suite du bouquin de Philippe De Villiers sur les mosquées clandestines de Roissy. Un salarié m'a dit qu'il était sûrement visé parce qu'il avait fait un voyage à La Mecque. »

Six bagagistes ont déposé un recours devant le tribunal administratif, en espérant ainsi pouvoir continuer à travailler. Hier, la préfecture s'est contentée de renvoyer à un communiqué dans lequel elle précise que « les salles de prières clandestines ont fait l'objet d'un contrôle depuis plusieurs mois, assortis de recommandations auprès des employeurs ».

Michaël Hajdenberg