Le zoo de Vincennes dévoile ses perspectives

Oihana Gabriel

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Le 14 mai 2013. Visite du parc zoologique de Paris, appele le zoo de Vincennes, en pleine renovation. Le parc ouvrira ses portes au printemps 2014. Le futur enclos a girafes. Seules les 16 girafes du zoo sont restees sur place pendant les travaux car intransportables.
Le 14 mai 2013. Visite du parc zoologique de Paris, appele le zoo de Vincennes, en pleine renovation. Le parc ouvrira ses portes au printemps 2014. Le futur enclos a girafes. Seules les 16 girafes du zoo sont restees sur place pendant les travaux car intransportables. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Quelques palmiers venus de Floride peuplent déjà la grande serre tropicale, les seize précieuses girafes ont pris possession de leur promenade extérieure flambant neuve et on voit au pied du grand rocher s’élever les prémices d’une impressionnante volière… Le zoo de Vincennes (12e arrondissement de Paris), version XXIe siècle, commence à prendre forme, à un an de l’ouverture de ce parc en travaux depuis 2008.

Le zoo, construit en 1934 et qui vit ses plus importants chamboulements, propose désormais un parcours où le visiteur déambule dans cinq biozones. Chacune se faisant l’ambassadrice de toute la biosphère d’une région du monde, grâce notamment à un kiosque qui clôt la zone et propose des informations sur la faune et la flore de ces pays exotiques. Le public passera ainsi de la Patagonie à Madagascar, puis par la Guyane et l’Europe pour finir au Sahel.

Des rochers chauffants pour le bien-être des lions

La biozone la plus importante, consacrée au Sahel-Soudan (4,5 hectares), accueillera le public, dès avril 2014, avec un enclos des lions… et leurs rochers chauffants. Ces faux amas de pierre permettront aux carnivores des savanes de s’abriter du regard des visiteurs et de se réchauffer. Car le bien-être des bêtes est au cœur de cette ambitieuse rénovation.  Le but de ces travaux était de «présenter un maximum d’animaux en conservant leur confort dans un espace limité, 15 hectares, tout en proposant des perspectives et des scènes animalières», résume Jacqueline Osty, paysagiste à la tête du projet du Muséum national d’Histoire naturelle. Avec un changement de taille: les espèces qui peuvent cohabiter partagent un même enclos. Ainsi, les zèbres côtoieront les rhinocéros, tandis qu’un grand plan d’eau verra courir girafes, marabouts (oiseau de très grande taille), antilopes et autruches.

Immersion dans le milieu naturel des animaux

Autre nouveauté, la fauverie a laissé place à une grande volière, au pied du grand rocher, symbole de ce zoo historique. Tendu par des pylônes, un filet protègera les 74 espèces d’oiseaux, dont les flamants roses, des pigeons et moineaux. Et le public pourra admirer de près les volatiles colorés grâce à un ponton au-dessus d’un petit lac.

La grande serre de 5.000 m2 compte déjà ses 6.000 panneaux de verre et une température tropicale. Parmi les espèces végétales venues de Thaïlande ou Floride, des verrières abriteront quelques primates. A la sortie, vous êtes toujours en Guyane. Dans les enclos trônent des troncs pour que les jaguars puissent se faire les griffes et que les singes hurleurs dévoilent leurs acrobaties au public.

Les seize girafes ont pris possession de leur habitat

Si l’otarie devrait rejoindre son enclos dans la biozone Patagonie, le lamantin dans les 12.350 m2 dédiés à l’Amazonie et le lynx boréal son vivarium dans le coin Europe cet été, les seuls à s’être déjà acclimatées à leur nouvel habitat sont les seize girafes, trésor du zoo. Le public, suspendu sur une coursive à 3 m de haut, peut admirer les ruminants au long cou. Fabrice Bernard, responsable animalier, a accompagné les premiers pas de Benny, Adeline, Lady, Gaya, leurs compagnes et leurs cinq girafons dans leur nouveau domicile, deux fois plus grand que l’ancien. «Le déménagement a pris deux jours, c’était intense, raconte Fabrice, qui reconnaît sans difficulté chaque girafe. Goumie a des petits ponpons touffus sur la tête, Agamie, la plus âgée, est très fine, chacune a des tâches différentes. Ils sont arrivés en décembre, mais ça ne fait que deux semaines qu’ils arrivent à sortir. Ils ont besoin de se familiariser avec l’endroit…» Le public, lui, ne devrait pas avoir de mal à s’acclimater à cette nouvelle, et très attendue, promenade aérée à la rencontre des mille animaux du zoo de Vincennes.