Périphérique: «Réserver une voie aux deux-roues ne garantirait pas une meilleure sécurité»

INTERVIEW Le commandant Gilles Tiran, chef du service de circulation sur le périphérique, répond aux questions de «20 Minutes» à l'occasion des 40 ans du périph'...

Propos recueillis par William Molinié

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Accident de la route sur le périphérique parisien, le 4 août 2012.
Accident de la route sur le périphérique parisien, le 4 août 2012. — JPDN/SIPA

Le service de circulation du périphérique de la Préfecture de police a été créé en 1975. A la tête de 166 policiers parisiens dédiés à la sécurité et à l’assistance des usagers, le commandant à l’emploi fonctionnel, Gilles Tiran, dresse pour 20 Minutes l’état de l’accidentologie sur l’autoroute urbaine la plus empruntée d’Europe… 

Est-on en sécurité sur le périphérique?

Le boulevard périphérique est sûr. Les statistiques sont très régulières. Depuis de nombreuses années, on dénombre mois de cinq accidents corporels chaque jour. Il y a, au vu des 1,3 million de véhicules qui passent chaque jour sur cet axe, un risque d’accident de 0,2%. Ces chiffres sont assez stables quand on compare d’une année sur l’autre. La baisse du nombre d’accidents dus à la vitesse a été compensée par une hausse des accidents résultant de l’utilisation du téléphone portable au volant. Les chocs impliquant des deux-roues ont aussi augmenté. Globalement, aujourd’hui, les deux-roues sont quatre fois plus impliqués dans les accidents que les voitures.

Les accidents surviennent-ils à des endroits particulièrement dangereux?

Non. J’ai commencé il y a quelques années à mettre des épingles sur une carte à chaque accident. Mais finalement, je me suis rendu compte qu’il y en avait tout le long. Nous n’avons pas décelé de zones particulièrement dangereuses. A chaque accident impliquant un décès, une enquête mixte de nos services et de la Ville de Paris cherche à savoir si cela peut être imputé aux infrastructures. A ce jour, les causes ont toujours été du côté d’un mauvais comportement des usagers, trop rapides ou trop dangereux.

Ne faudrait-il pas réserver des voies sur le périphérique pour partager plus clairement la chaussée entre les différents usagers?

On peut les classer en quatre catégories: les poids lourds, les taxis, les deux-roues et les voitures. Quatre catégories, quatre files. Le problème est qu’à certains endroits, comme à la Porte d’Orléans, il n’y a plus que deux voies. On peut s’attendre à des difficultés. Par ailleurs, on a noté qu’avec le nombre en constante augmentation de deux-roues qui circulent, le nombre d’accidents entre deux-roues est de plus en plus important. Réserver une voie aux deux-roues ne garantirait pas une meilleure sécurité les concernant.

Ces dernières années, plusieurs cortèges de voitures ont bloqué le périphérique à l’issue de mariages. Redoutez-vous que cela devienne une «mode»?

C’est un phénomène saisonnier qui arrive chaque année avec le retour des beaux jours. On est très attentifs à ce que cela ne se reproduise pas. Nous n’en avons pas encore eu cette année. Mais nous sommes vigilants. Car même si ça arrive un samedi, cela pose de gros problèmes de sécurité. Et surtout, faire cela, c’est se rendre coupable d’un délit d’obstruction à la circulation.

Les accidents sur le périphérique sont souvent malheureux. Avez-vous connu des journées plus légères?

Au mois de décembre dernier, une voiture s’est arrêtée en plein milieu. Une femme était en train d’accoucher. C’est notre brigadier, une femme, qui est arrivée la première sur les lieux. Et alors qu’elle n’avait pas eu d’enfant, c’est elle qui a mis au monde une petite fille. Je me souviens aussi en 2010 d’un groupe de cannettes qui s’étaient échappées du bois de Vincennes. Elles ont pris l’A4 puis ont gambadé pendant une heure sur le périphérique, sans causer d’accident.

>> Vous habitez à proximité du périphérique? Pollution, bruit, problèmes de circulation, ressentez-vous des gênes liées à cette localisation? 

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