Rachida Dati jette l'éponge

Jérôme Comin

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L'élue parisienne UMP Rachida Dati.
L'élue parisienne UMP Rachida Dati. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Mais quelle mouche a piqué Rachida Dati ? Alors qu'elle s'était lancée le 7 avril dans la bataille des primaires UMP pour les municipales à Paris, la Maire du 7e a annoncé mardi dans les colonnes du Point qu'elle retirait sa candidature. «Que l'UMP désigne NKM et commençons la campagne municipale maintenant, explique-t-elle. Elle a déjà été choisie par les médias et le système, la réalité est celle-là, même si je le regrette pour les autres candidats. (…) Dans ce contexte, je retire ma candidature.»

«Elle a eu peur de finir 3


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Une décision qui a surpris du côté de la droite parisienne. Car si, comme l'indique Jean-François Legaret, candidat à la primaire et patron du groupe UMP au Conseil de Paris, «on n'était pas certains au départ qu'elle se lance dans la bataille», Dati était apparue plus investie récemment, notamment lors de son débat jeudi avec la candidate socialiste Anne Hidalgo. «Je regrette cette décision dont la cohérence m'échappe», s'est d'ailleurs étonnée mardi sur BFMTV Nathalie Kosciusco-Morizet. Même incompréhension du côté du président de la fédération UMP de Paris, Philippe Goujon. «Dati a l'air de dire que le système est contre elle. Mais s'il y a bien une procédure antisystème, c'est la primaire, s'étrangle-t-il. La cohérence de cette décision m'échappe, surtout qu'elle avait participé à toutes les étapes du parrainage. Les tracts avec les six candidats, qui devaient être distribués à Paris mercredi, étaient même sous presse.» Pour un élu parisien de droite, cette décision traduit surtout une certaine fébrilité de la part de Dati. «Je pense qu'elle a eu peur de finir 3e ou 4e lors des primaires», glisse-t-il. Un autre cadre du parti estime, lui, qu'elle «a peut-être réussi à négocier quelque chose…». En attendant, ce désistement est vu d'un bon œil du côté des autres candidats à l'image de Pierre-Yves Bournazel, qui estime désormais qu'il est «plus que jamais le challenger de NKM». Même constat pour Legaret pour qui «les cartes sont aujourd'hui redistribuées dans cette élection».

■ Le PS réagit

La gauche ne s'est pas privé de railler cette décision. Le député PS Jean-Marie Le Guen a ainsi estimé que c'est «une confirmation du jeu de dupes que constituent ces fausses primaires».