Les démons de Marc Machin

Vincent Vantighem et William Molinié

— 

Marc Machin, en décembre 2012.
Marc Machin, en décembre 2012. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Quand Marc Machin a finalement été acquitté en décembre 2012, Louis Balling, son avocat, a prononcé une petite phrase prémonitoire : « J'espère ne jamais devoir revenir dans une enceinte judiciaire pour lui. Mais j'en doute… » Louis Balling ne croyait pas si bien dire. Ce mardi, il sera de retour devant le tribunal correctionnel de Paris pour défendre son plus célèbre client. Finalement acquitté après avoir passé indûment sept ans en prison pour le double meurtre du pont de Neuilly (Hauts-de-Seine), Marc Machin est, cette fois, renvoyé pour une affaire de « vol avec violences ».

Marqué par l'alcool et le cannabis


« C'est d'une banalité affligeante, témoigne son avocat. C'est à se demander si Marc a compris la chance qu'il avait eue. » Libéré, le trentenaire avait fait le tour des plateaux télé pour raconter son histoire. « Après ça, il a reçu des propositions pour du boulot, mais il n'a pas donné suite », lâche son avocat. Toujours marqué par la mort de sa grand-mère, Marc Machin a poursuivi son chemin d'errance entamé avant même sa première incarcération. Cette fois, c'est pour avoir voulu frapper un ancien détenu qu'il avait rencontré à la prison de Fresnes qu'il est appelé à la barre. Lors de l'altercation, il lui aurait volé son téléphone. Marqué par une dépendance à l'alcool et au cannabis durant son adolescence, Marc Machin s'est fait rattraper par ses vieux démons. « Je sais que quand je bois, je peux repartir », avouait-il ainsi en décembre. Son père aussi en est conscient. « Je n'en veux pas aux juges de l'avoir mis en prison pour rien, confiait-il à 20 Minutes en 2010. Je leur en veux surtout de ne pas l'avoir soigné. » Aujourd'hui, Marc Machin est censé être suivi par un psychologue. « Pendant sept ans, personne ne l'a cru, conclut son avocat. Maintenant, c'est lui qui ne nous croit pas quand on assure qu'il a besoin d'aide. »

■ Agression sexuelle

Libéré dans l'attente de son procès en révision, Marc Machin a également été condamné en 2010 pour trois agressions sexuelles. « J'ai été rattrapé par mes vieux démons », avait-il déjà lâché à la barre du tribunal correctionnel de Paris.