Enfants enfermés dans une cave:

FAITS DIVERS Le père et la belle-mère avaient été signalés aux services sociaux...

William Molinié

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La maison aux Pavillon-sous-Bois, où ont été maltraités deux enfants durant plusieurs années.
La maison aux Pavillon-sous-Bois, où ont été maltraités deux enfants durant plusieurs années. — 20 Minutes

C'est dans un paisible quartier résidentiel des Pavillons-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) que deux enfants de 10 et 12 ans ont vécu un calvaire. Après que l'aîné s'est rendu mercredi au commissariat de Bondy pour dénoncer les maltraitances qu'il subissait, les policiers ont découvert à la cave du modeste pavillon une pièce sans fenêtre ni lumière qui faisait office de chambre aux deux jeunes frères. En guise de lit, de simples matelas sans couverture, souillés par leurs excréments.

Visiblement écartés du reste de la famille, il leur serait arrivé régulièrement d'être privés de nourriture. Leur père, plombier, et leur belle-mère ont été mis en examen pour violences sur mineur, défaut de soins et privation d'aliments. Ils ont été incarcérés. Les deux enfants ainsi que le fils cadet de la belle-mère, qui ne semble pas avoir subi le même traitement, ont été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance.

Famille signalée et suivie

«Les enfants jouaient tranquillement. Il arrivait que leur ballon saute le mur et atterrisse dans mon jardin. Ils criaient parfois, mais comme tous les enfants de leur âge. Je croyais qu'ils jouaient. Je ne me serais jamais douté de tout cela», racontait lundi une voisine. Selon plusieurs sources, les maltraitances duraient depuis plusieurs années.

La famille était suivie par un éducateur après plusieurs signalements transmis par l'établissement scolaire des deux enfants. Mais visiblement, ce suivi n'a pas empêché, ni détecté, les agissements. «Une fois le signalement transmis au service compétent, des dysfonctionnements dans l'évaluation de la situation de l'enfant peuvent survenir», explique Laure Doucin, juriste à l'Association l'Enfant bleu - Enfance maltraitée. Difficultés d'appréciation, mais aussi moyens limités. «Aujourd'hui, les services sociaux fonctionnent avec l'accord des parents. Il faudrait un droit d'ingérence, par exemple, pour aller plus vite et plus loin afin d'intervenir directement au domicile de l'enfant», précise-t-elle.