Philippe Jacob : «Protéger les espèces les plus faibles»

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Philippe Jacob, responsable du pôle biodiversité du service de l'Ecologie urbaine de la Ville de Paris.

Combien d'espèces recensez-vous dans l'Atlas de la nature à Paris, à paraître aujourd'hui ?

Il y a 1 600 espèces de plantes, à peu près autant d'animaux à Paris. Bruxelles et Londres sont beaucoup plus peuplés. Si ce chiffre diminuait encore, Paris courrait un risque pour sa biodiversité.

Pourquoi ?

Si la place est laissée libre, les espèces les plus nuisibles – pigeons, rats – pourront proliférer à loisir, et chasser encore d'autres espèces.

Surveillez-vous certaines espèces ?

Les corneilles et les étourneaux, qui peuvent être envahissants. Dix couples de goélands ont également élu domicile sur les toits.

Existe-t-il des espèces qui ne devraient pas se retrouver à Paris ?

On trouve des poissons exotiques dans les bassins, des perruches, des tortues de Floride, des écureuils gris d'Asie. On a même rencontré un chien de prairie [un rongeur d'Amérique du Nord] dans le bois de Boulogne. Tout rentre dans l'ordre lorsque l'on a un hiver rigoureux. Ces espèces n'y résistent pas.

Quelle réaction souhaitez-vous provoquer en publiant cet ouvrage ?

Il faut protéger les espèces les plus faibles. Par exemple, les hirondelles sont en voie de disparition et lorsque l'on détruit un nid, il faut absolument en reconstruire un, car l'hirondelle n'aura pas la force de recommencer. Au printemps, beaucoup de nids ont été détruits sciemment, par peur de la grippe aviaire. Un vent de panique injustifié.

Recueilli par Magali Gruet

L'Atlas de la nature à Paris est publié aux éditions Le Passage, au prix de 45 euros . Il est réalisé par l'Atelier parisien de l'urbanisme (Apur), les services de la Ville de Paris et le Muséum national d'histoire naturelle.