Le Louxor, pagode kitsch qui regarde vers le sud

Oihana Gabriel

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A. GELEBART / 20 MINUTES

Les palmiers rappliquent dans la capitale. Non pour Paris-Plages, mais pour l'inauguration mercredi, après trois ans de travaux, d'un palais du cinéma extravagant et historique : le Louxor, à Barbès. Cet unique temple parisien au décor néo-égyptien n'a exhibé ses atours que de 1921 à 1930… avant d'épouser le style néo-grec. Du moins à l'intérieur, car la façade, classée, arborait encore sur le boulevard Magenta une frise aux couleurs de l'Egypte. Le plus ancien cinéma de Paris, devenu boîte de nuit dans les années 1980 avant d'être abandonné en 1987, a retrouvé sa splendeur d'antan grâce à un «coup de tête», selon les mots du maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), mais aussi au travail d'une quarantaine de corps de métier, à la vision de l'architecte et à la persévérance d'associations.

Expos et concerts


Les trois salles programmeront une filmographie des pays du Sud en permanence. Les spectateurs pourront bénéficier d'expositions photo dans l'ancienne buvette et de petits concerts dans la salle moyenne. Dans la salle principale de 340 places, baptisée « Youssef Chahine », grand cinéaste égyptien, trônent des têtes de pharaons, des colonnes en palmiers, des cobras et vautours sur un plafond en caissons.

«C'est un kitsch assumé, cohérent avec l'extérieur, reconnaît l'architecte Philippe Pumain, qui a constitué ce décor à partir de deux photos en noir et blanc d'époque de la salle. On est dans une fantaisie liée à la magie du cinéma.» Au sous-sol, deux salles plus petites et sobres ont été créées. Dans un décor de velours, l'architecte a glissé des clins d'œil à l'esthétique égyptienne : des colonnes, une voûte en anse de panier, un plafond bleu profond étoilé… Au troisième étage, place au bar et à sa terrasse qui surplombe le métro aérien. Un point de vue qui séduit Bertrand Delanoë : «Quand je ne serai plus maire, je viendrai y faire la fête !»