A Paris, Solférino s'efface au profit de Senghor

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« Senghor sera un pont entre deux continents », a déclaré hier Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie, alors que la passerelle de Solférino était rebaptisée passerelle Léopold-Sédar-Senghor. L'ancien président et poète sénégalais relie désormais les Tuileries (1er) au musée d'Orsay (7e), grâce à cette passerelle ouverte en 1999. Ce geste symbolique est intervenu le jour du centenaire de sa naissance.

« Il fut le premier Africain agrégé de l'université française », a rappelé Abdou Diouf, puis « ministre dans le cabinet d'Edgar Faure, sous la ive République ». Senghor était entré à l'Académie française en 1983, et Valéry Giscard d'Estaing lui avait succédé après sa mort, en 2001. Il se définissait lui-même comme « un poète tombé en politique ».

Senghor devient ainsi le premier Africain dont le nom est donné à un pont parisien. Pour Bertrand Delanoë, ce geste lui permet de prendre « une place dans l'identité culturelle de Paris ». Un symbole de « l'alliance entre la francité et la négritude », pour Abdou Diouf.