La princesse avait laissé des ardoises royales

matthieu goar

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Le loueur de voitures Cinquième étoile fait partie des créanciers.
Le loueur de voitures Cinquième étoile fait partie des créanciers. — V. WARTNER / 20 Minutes

Perquisition dans les box de la princesse. Lundi, des huissiers ont ouvert trois compartiments loués à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) par Maha al-Sudaïri, ex-femme du prince héritier d'Arabie saoudite, aujourd'hui décédé. «Nous attendons de pouvoir consulter la liste de ce qu'ils ont trouvé à l'intérieur. Et ensuite, j'espère qu'il y aura une vente», explique le directeur d'agence de la société de conciergerie de luxe Cinquième étoile. L'homme estime que la Saoudienne lui doit au minimum 300 000 € sur un total de 1, 5 million d'impayés à différentes entreprises parisiennes.

200 000 € de traiteur


L'histoire est rocambolesque. En juin 2012, cette femme très dépensière tente de fuir du palace Shangri-La (16e) en pleine nuit. Elle laisse derrière elle une ardoise de plusieurs millions d'euros après avoir passé des mois dans cet hôtel de luxe en compagnie de nombreux invités. Sous la pression de son ambassade, la princesse paye finalement la note. «Aucun client ne nous doit de l'argent», indique aujourd'hui lapidairement la direction du palace. Mais lors de ce séjour parisien qui avait duré de juin 2011 à juin 2012, Maha al-Sudaïri laisse sur son passage d'autres dettes. Location de Rolls Royce, réservation de grands restaurants, achats de bijoux, la femme ne règle presque rien comptant, préférant passer par des intermédiaires et des conciergeries de luxe.

Selon lenouvelobs.com, elle doit 750 000 € à trois sociétés de vigiles ou encore 200 000 € à un traiteur. Sept établissements ont porté plainte. «Son fils nous avait dit qu'elle paierait en un éclair. Apparemment, il n'y a jamais d'orage dans leur pays. C'est vrai qu'il y pleut rarement», ironise le directeur d'agence de Cinquième étoile, avant de rappeler les précédents de la dame, en Floride ou dans la capitale. «En même temps, on aurait pu s'en douter, elle s'était déjà illustrée.» En 2009, Key Largo, une marque de vêtements, avait saisi la justice pour obtenir le règlement de 89 000 € d'achats à son nom.