«Il faut de la synergie, assez de cette concurrence SNCF-RATP !»

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Roger Karoutchi, président du groupe UMP au conseil régional d'Ile-de-France.

« Je suis plutôt favorable à un tel projet, qui touche quand même cinq millions d'habitants en petite couronne, soit la moitié de l'Ile-de-France. Mais encore faudrait-il chiffrer réellement le coût de ce métro, et débloquer tout de suite 20 millions d'euros pour les études. On en est loin. Je déplore par ailleurs que la SNCF ait, elle aussi, dans ses cartons un projet de rocade autour de Paris, quelques kilomètres plus loin ! Nous ne pourrons jamais financer les deux. La SNCF devrait se concentrer sur la grande couronne, où elle a déjà beaucoup de travail au regard du retard qu'elle prend sur les RER, notamment le B. En revanche, pourquoi ne s'appuierait-elle pas sur la rocade de la RATP pour faire partir des lignes vers la grande banlieue ? Les deux entreprises doivent travailler davantage en synergie, assez de cette concurrence ! »

Patrick Devedjian, député (UMP) de la 13e circonscription des Hauts-de-Seine, vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine.

« C'est à étudier. Fondamentalement, je suis favorable au principe de transport interbanlieue. Il y en a marre de ce réseau en radiales vers Paris, qui oblige le banlieusard à prendre sa voiture pour aller de banlieue à banlieue. Sans compter que Paris, via son tramway, ses rues à sens unique et ses couloirs de bus, s'organise pour empêcher qu'on y pénètre. Mais je demande juste au détriment de quoi ce métro se ferait-il ? Qu'est-ce qu'on va retarder ? Je m'inquiète notamment des retards que pourraient subir les projets de tramway en banlieue. Je m'étonne aussi que ce soit la RATP qui propose un projet qui va être financé par les pouvoirs publics. Malgré la décentralisation du Stif, on reste dans l'ancien système, où c'est la RATP qui conçoit les transports en Ile-de-France. Moi, je crois que c'est au Stif de définir les priorités. »

Denis Baupin, adjoint (Verts) au maire de Paris en charge des Transports.

« Je suis à fond pour ce projet. Il faudra pousser davantage les études pour déterminer s'il doit passer à deux ou quatre kilomètres de Paris, mais je crois que c'est dans cette zone dense qu'il sera le plus utile. C'est là que les besoins sont. On vit une situation aberrante, dans laquelle Paris bénéficie du réseau le plus dense d'Europe, et en dehors de la capitale, on a le réseau urbain le moins dense d'Europe. Certes ce projet coûte cher. Mais aujourd'hui, en Ile-de-France, les collectivités investissent 100 e par an et par Francilien dans les transports, soit un quart de ce qu'elles investissaient à l'époque des RER, et un quart de ce qu'investissent Londres et Madrid. Depuis 2000, il y a un désengagement de l'Etat. Je regrette, en revanche, que le Stif ne pousse pas davantage pour être porteur de ce type de projet. Il doit jouer un rôle moteur. »