Cache-misère ou embellissement du quartier, les habitants divisés

— 

Pantin bouge, certes, mais pas au même rythme pour tous. Beaucoup d'habitants se sentent peu concernés par les changements à Pantin où le chômage avoisine les 17 %. Jean Girard fait partie des victimes collatérales de la transformation du cœur de Pantin. Après avoir perdu sa longue bataille judiciaire avec la ville, il vient d'être exproprié de son café-restaurant. A la place, la mairie va construire des logements sociaux. Malgré cela, il voit d'un bon œil les transformations. «Ça fait du bien à tous, et ça va générer quelques retombées», se réjouit-il : son restaurant est fréquenté par des salariés d'Hermès et la BNP.

Sylviana Journo, employée dans le centre commercial, salue aussi ces changements. «Ça rapporte des clients et ça embellit la ville, qui en avait besoin», dit-elle. Au café, Saïd, manutentionnaire, est moins enthousiaste. «Ceux qui habitent en face d'Hermès, ils ont davantage de travail ? Non ! Ça sert à rien de cacher la misère.» «Mais c'est bien que ça enrichisse ton quartier, non ?», tente sa voisine. «Il n'y a qu'Hermès qui s'est enrichi», tranche Saïd. f. V.