Le procès de la rixe de l'A 13 aux assises de Versailles

Vincent Vantighem

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L'A 13, près des Mureaux (illustration).
L'A 13, près des Mureaux (illustration). — F. DURAND / SIPA

Il a été roué de coups sous les yeux de sa famille. Il est finalement mort à l'hôpital, quelques heures plus tard, dans les bras de sa mère. Le procès des meurtriers présumés de Mohamed Laidouni doit s'ouvrir, ce lundi, devant la cour d'assises des Yvelines à Versailles. C'est sur la bande d'arrêt d'urgence de l'A 13, dans la commune de Chapet (Yvelines), que le drame s'est noué cette nuit du 26 au 27 juin 2010.

Laissé pour mort sur le bas-côté


De retour d'une soirée familiale, Mohamed Laidouni s'engage sur la bretelle de l'A13 quand il est doublé par une Clio blanche. Dans la manœuvre, les deux voitures se frottent et s'éraflent. Tout le monde se gare sur le côté. Mohamed sort de son véhicule, un constat à la main. « Un constat ? Vous n'allez pas faire vos Français (sic) ! », lui rétorque alors la jeune conductrice au volant de la Clio. Le ton monte. Mohamed décide d'appeler la police. Dans le même temps, le passager de la Clio décroche son téléphone pour appeler une dizaine d'amis en renfort. Originaires de la cité voisine des Mureaux, ces derniers arrivent avant les forces de l'ordre. « Ils se sont acharnés sur Mohamed comme des barbares, se souvient son cousin. Ils l'ont laissé pour mort et ont pris la fuite… »

« Ils se renvoient la faute »


Rattrapés par les forces de l'ordre, les principaux auteurs sont arrêtés. Dans les jours qui suivent, les autres fuyards se livrent à la police. Ce lundi, ils seront donc dix à comparaître. « La conductrice est accusée de non-assistance à personne en danger. Les neufs autres de meurtre, confie Anastasia Pitchouguina, avocate de la famille Laidouni aux côtés de Francis Szpiner. Mais ils se renvoient la faute. Ça va être difficile de savoir qui a fait quoi exactement… » Contacté par 20 Minutes, Olivier Combe, avocat de l'un des assaillants, a, lui, refusé de s'exprimer avant l'ouverture du procès qui doit durer deux semaines. Le verdict est attendu le 19 avril.