Le centre d'hébergement va jouer les prolongations

Matthieu Goar

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Les ministres Cécile Duflot 
et Marie-Arlette Carlotti.
Les ministres Cécile Duflot et Marie-Arlette Carlotti. — P. Wojazer / Reuters

Quelques gouttes de pluie et un temps encore très frisquet accueillent Jean-Marc Ayrault devant le centre d'hébergement d'urgence Mouzaïa géré par l'Armée du salut dans le 19e arrondissement. « On a un peu l'habitude, on a déjà reçu la visite de Cécile Duflot il y a trois mois », raconte un résident au chaud près de la machine à café, pendant que le Premier ministre serre des mains.

Flanqué de ses deux ministres, Cécile Duflot et Marie-Arlette Carlotti, Jean-Marc Ayrault visite les sanitaires refaits à neuf, les chambres de trois personnes, s'enquiert de la santé d'une dame. Il annonce surtout une bonne nouvelle après une discussion dans le réfectoire avec une partie des 120 personnes logées ici. « Un centre d'hébergement d'urgence comme le vôtre, dans le système ancien, aurait été fermé maintenant, mais aussi cet été. Je vous annonce que ce ne sera pas le cas. »

Applaudissements nourris. La fin de la trêve hivernale est ici un sujet d'angoisse. « Je l'ai appris comme vous aujourd'hui, explique Yann Henri, le directeur du centre qui devait initialement fermer fin mars. Les habitants étaient tendus, ils n'arrêtaient pas de poser des questions. » Le gouvernement s'est engagé en 2013 à créer ou pérenniser 5 000 places en CHU. Le centre Mouzaïa fait partie du dispositif.

Créé au début de l'année 2012 dans des locaux de l'Etat, ce centre accueille des femmes et des hommes, souvent sans papiers et toujours en grande précarité. « Ici, je peux vous dire que c'est un centre 5 étoiles. Vous pouvez me faire confiance, depuis quatorze ans que je demande l'asile, je pourrais écrire un guide des centres où on doit parfois partir au bout d'une semaine, d'un mois », raconte M.B., 80 ans, ancien journaliste algérien qui préfère rester anonyme. Diallo, sans papiers depuis douze ans, opine. « Très difficile de trouver un travail en ce moment », glisse-t-il.