La carte des plus célèbres serial killers parisiens

FAITS DIVERS Avec l’aide de Stéphane Bourgoin, spécialiste du domaine et auteur de «999 serial killers», «20 Minutes» a dressé la carte des pires tueurs qui ont sévi dans la capitale...

Vincent Vantighem

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La carte des «serial killers» parisiens, réalisée le 28 mars 2013. Capture d'écran Google Maps.
La carte des «serial killers» parisiens, réalisée le 28 mars 2013. Capture d'écran Google Maps. — 20 MINUTES

Les cannibales, éventreurs et autres pervers sadiques peuplent son quotidien depuis plus de trente ans. Ecrivain et libraire spécialisé dans l’étude des tueurs en série, Stéphane Bourgoin lance, ce vendredi, la première édition de « Sur la route du crime ». Durant un mois, les Voûtes de Paris accueilleront des projections de films et des débats d’experts sur les pires meurtriers de la planète (lire l’encadré). Pour 20 Minutes, ce spécialiste a accepté de revenir sur les plus célèbres serial killers qui ont sévi dans la capitale.


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Henri Désiré Landru, alias «Barbe bleue de Gambais»

«Au lendemain de la Première Guerre mondiale, il profite du fait que de nombreuses femmes soient devenues veuves. Il passe des annonces et les séduit dans le but de voler leurs économies. Mais son mobile n’est pas que financier. Dans son journal intime, il décrit les relations sexuelles qu’il a avec elles.» Il semble acquis que Landru découpait le corps de ses victimes, enterrait le tronc, les bras et les jambes et brûlait la tête, les mains et les pieds. Au total, 1,5 kg d’os humain et 47 dents seront découverts chez lui. Condamné à mort pour onze meurtres, il a été guillotiné à Versailles le 25 février 1922.

Marcel Petiot, alias «le Docteur»

«Il ressemble à Landru car il profite de la situation de la Seconde Guerre mondiale pour dépouiller les gens.» Installé rue Le Sueur (16e), le Docteur Petiot propose à des individus menacés par la Gestapo de les faire passer en zone libre. Convoqués la nuit, ils sont en fait détroussés et assassinés. «Il avait installé une espèce de guichet dans son sous-sol d’où il pouvait assister à travers une fenêtre à l’agonie de ses victimes qu’il gazait.» Jugé pour 27 meurtres, il en revendique 63 lors de son procès et est condamné à la guillotine en 1946. Chez lui, 72 valises de victimes seront retrouvées.

Thierry Paulin, alias «le tueur de vieilles dames»

«C’est la panique à Montmartre! Nous sommes en 1984 et plusieurs vieilles dames sont agressées. Derrière les meurtres se cache Thierry Paulin. » Fêtard de première, le Martiniquais écume les boîtes de nuit et détrousse ses victimes afin de mener une vie extravagante à base de champagne et de cocaïne. «Si le mobile est avant tout crapuleux, le mode opératoire est d’une extrême violence. Paulin met un sac plastique sur la tête de ses victimes, il les roue de coups et leur fait boire de la soude caustique.» Atteint par le virus du sida, Paulin décédera en prison en 1989 avant d’avoir pu être jugé.

Henri Pranzini, alias «le chéri magnifique»

Séducteur aux yeux langoureux, Pranzini a été soldat, aventurier, trafiquant. «En 1887, il rencontre une courtisane du nom de Régine de Montille. Chez lui, au 17, de l’avenue Montaigne (8e), il finit par l’égorger ainsi que sa femme de chambre et la fille de cette dernière. La violence est telle qu’il est à la limite de leur couper la tête.» Il finit lui-même guillotiné. «C’est à travers cette histoire que les médias ont commencé à s’intéresser vraiment aux faits divers…»

Albert Soleilland, alias « le premier tueur pédophile »

«En 1907, la France a peur en découvrant Albert Soleilland. C’est le premier tueur pédophile. Sa victime, Marthe, n’a que 11 ans. Mais les médias n’osent pas parler de viol et préfèrent dire que la fillette a été “profanée” avant d’être tuée.» A l’époque, on parle déjà d’abolir la peine de mort. Mais devant l’horreur des faits, ce projet est annulé. Condamné à mort, Soleilland est tout de même gracié et envoyé au bagne, où il meurt en 1920.

Guy Georges, alias «le tueur de l’Est parisien»

«Quand le juge Gilbert Thiel récupère l’ADN du tueur de l’Est parisien, il inscrit les initiales “SK” à côté. Nous sommes au début des années 1990. Et c’est la première fois que l’on emploie en France le terme de “serial killer”. Après avoir commencé dans les parkings, Guy Georges prend confiance et attaque les filles qui le font flasher dans les immeubles. » En tout, il commet une soixantaine d’agressions sexuelles et viols et tue vingt jeunes femmes. Il est condamné à la perpétuité en 2001.

«Le tueur au visage grêlé»

«Il court toujours. Soupçonné d’être impliqué dans une dizaine d’affaires de viols et de meurtres entre 1986 et 1994, “le tueur au visage grêlé” n’a jamais été arrêté. La brigade criminelle dispose toutefois de son portrait et de son ADN. Mais il est peut-être déjà mort.»

Sur la route du crime
On commence ce vendredi par Jack l’Eventreur. Marc Dutroux ou le dépeceur de Montréal seront aussi abordés lors de débats d’experts tels que Stéphane Bourgoin, auteur de 999 ans de serial killers, de projections de films et documentaires sur les tueurs en série. Infos : www.lesvoutes.org.