Pas de quartier pour les «salisseurs» de rue

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Fini le jet de mégot par terre avant de s'engouffrer dans le hall de l'entreprise. A l'occasion du lancement, aujourd'hui, de sa nouvelle campagne de communication sur la propreté, la Mairie de Paris a annoncé hier qu'elle envisageait un projet d'arrêté municipal. Il permettrait de sanctionner les entreprises coupables de ne pas inciter leurs employés fumeurs à choisir la poubelle pour jeter leurs mégots. Aujourd'hui, quiconque est pris en flagrant délit de délestage de cigarette par terre est passible d'une amende de 183 e. Dorénavant, entreprises, lycées ou restaurants seront donc sanctionnés en même temps que le coupable pris sur le fait. « Il faut que chacun se responsabilise. Il n'est plus tolérable de voir des piles de mégots au pied des immeubles de bureaux », s'est insurgé hier Yves Contassot (Verts), adjoint au maire chargé de l'Environnement. Reste à savoir si cette interdiction sera réellement appliquée.

Toujours est-il que la menace de la sanction plane, vu l'augmentation très nette du nombre de procès- verbaux dressés à l'encontre des « salisseurs » depuis le début de la mandature de Bertrand Delanoë. Avec 23 071 amendes au 31 août 2006, les 36 871 PV de 2005 pourraient être battus d'ici à la fin de l'année. Et le nombre de contraventions pour crottes de chien non ramassées, jet de détritus sur le trottoir ou abandon d'objets encombrants a augmenté de 71 % entre 2001 et 2005. Les trois cents agents municipaux dédiés à cette tâche, qui officient en tenue ou en civil, n'hésitent plus à mettre une amende de 183 e pour ces infractions.

Difficile pourtant d'évaluer l'efficacité de l'intensification de la répression. Selon une enquête réalisée par la Mairie en 2006 auprès de 4 000 Parisiens, 53 % des habitants estiment qu'il y a toujours autant de déjections canines depuis un an. Alors même qu'on compte 22 % de chiens en moins depuis quatre ans à Paris. En outre, 70 % des encombrants ramassés par les services de propreté continuent à être déposés sur la voie publique. Signe que le risque accru d'écoper d'une forte contravention dissuade peu.

Laure de Charette