Sept proxénètes interpellés, deux réseaux démantelés

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La police a interpellé ces derniers jours sept proxénètes à Paris. Ils exploitaient une soixantaine de femmes africaines. La plupart des suspects – dont les principaux instigateurs, un couple de Maliens –, ont été présentés devant un juge d'instruction jeudi, mis en examen pour proxénétisme aggravé et écroués.

Les proxénètes animaient deux réseaux différents. L'un était constitué d'une soixantaine de prostituées qui exerçaient dans des conditions d'hébergement et d'hygiène déplorables, dans un immeuble du 76, rue Myrha (18e). L'autre prostituait une dizaine de femmes au 70 de la même rue. C'est à la suite de nombreuses plaintes de riverains que les policiers locaux avaient ouvert une enquête, relayés par les spécialistes de la brigade de répression du proxénétisme (BRP). Lors des perquisitions effectuées, les policiers ont saisi près de 15 000 e en numéraire. Parmi les prostituées concernées, cinq se trouvaient en situation irrégulière. L'une d'elles a été reconduite à la frontière.

Plusieurs réseaux fonctionnant de la même façon, dirigés par des « mamas » africaines, ont déjà été démantelés au cours des dernières années dans le 18e arrondissement, en particulier dans le quartier de la Goutte d'Or. Notamment dans un squat géant, où de jeunes femmes ghanéennes étaient contraintes, elles aussi, de se prostituer pour rembourser leur voyage.

La soixantaine de femmes, en majorité des Ghanéennes âgées de 20 à 50 ans, étaient forcées à se prostituer pour rembourser une dette aux proxénètes, sous peine de représailles sur leurs familles. Contractée dans leur pays, cette dette avoisinait les 40 000 e et était censée représenter le prix du voyage vers la France.