Faux électeurs: La cour d'appel confirme la condamnation des Tiberi

JUSTICE Le maire du 5e écope d'un sursis et de trois ans d'inéligibilité...

William Molinié

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Jean Tibéri au palais de Justice de Paris, le 12 mars 2013.
Jean Tibéri au palais de Justice de Paris, le 12 mars 2013. — A. GELEBART/20MINUTES

Sa saynète aux allures de vaudeville lors de son procès devant la cour d'appel de Paris en novembre 2012 n'aura eu que peu d'effets. Au contraire, en plus des neuf mois de prison avec sursis et des 5.000 € d'amende prononcés en première instance, les juges ont rajouté à Xavière Tiberi une interdiction de voter pendant deux ans. Son mari, Jean Tiberi, maire du 5e, a été confirmé dans sa peine: dix mois de prison avec sursis, 10.000 € d'amende et trois ans d'inéligibilité.

Pourvoi en cassation possible

Jean Tiberi, sa femme et Anne-Marie Affret (lire encadré), sa première adjointe, ont été reconnus coupables une deuxième fois d'avoir organisé une fraude électorale lors des municipales de 1995 et des législatives de 1997. Au terme de nombreux recours, ils avaient réussi à retarder les audiences. «Il a fallu attendre seize ans. C'est très regrettable. Il y a eu des élections entre-temps. Et la liste municipale qui a fraudé au départ est toujours là», a réagi l'opposante socialiste et partie civile, Lyne Cohen-Solal.

Malgré cette deuxième condamnation, le feuilleton judiciaire n'est peut-être pas terminé. Thierry Herzog, l'avocat de Jean Tiberi, a indiqué qu'il n'était «pas satisfait». Un pourvoi en cassation est «vraisemblable, a-t-il reconnu. La décision sera prise dans les cinq jours.» Si Jean Tiberi en reste là, il ne pourra pas se représenter aux municipales de 2014. En revanche, s'il se pourvoit en cassation, sa peine sera suspendue jusqu'à la décision de la Cour qui pourrait, en fonction du calendrier, tomber après les municipales. Ce qui, même s'il renonçait à sa propre succession, ne handicaperait pas une éventuelle campagne de son héritier politique, actuel adjoint et fils, Dominique Tiberi.

■ Première adjointe

Condamnée par le tribunal correctionnel de Paris à neuf mois de prison avec sursis et 1.500€ d'amende, Anne-Marie Affret, la première adjointe au maire du 5e, a vu sa peine en appel passer à huit mois de prison avec sursis et 1.000€ d'amende.