A Cachan, le «ras-le-bol» des riverains

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Deux mondes se font face rue des Deux-Frères à Cachan depuis trente-huit jours. D'un côté, le gymnase, occupé par plus de 250 ex-squatteurs de la cité universitaire. De l'autre, un immeuble de standing, avec ses terrasses fleuries. « Entre les poubelles qui s'amoncellent, la rue souvent barrée par la police et les nuisances visuelles, on en a ras-le-bol », avoue une mère de famille.

Avant-hier, les copropriétaires de la résidence se sont justement réunis, à la demande du député-maire socialiste Jean-Yves Le Bouillonnec. « Les gens ont surtout exprimé leur lassitude. Et beaucoup craignent que leurs enfants ne prennent des coups au cours d'une intervention musclée de la police », rapporte un résident. Lui a préféré claquer la porte de la réunion, outré par les propos parfois racistes tenus par certains de ses voisins.

Une minorité de riverains a néanmoins choisi de se mobiliser. Comme Nadine, qui vient le week-end au gymnase avec ses filles, « pour leur montrer que même en France des choses misérables se produisent ». D'autres, comme Pierre viennent pour « remonter le moral aux sans-papiers et les apaiser un peu ». Mais sinon, peu d'habitants ou de parents d'élèves de l'école maternelle voisine sont venus discuter avec les ex-squatteurs, par « peur de les déranger », par désintérêt ou par mépris. La plupart les observent à distance, du haut de leurs fenêtres, en espérant qu'« on les aura expulsés avant la trêve hivernale ».

Laure de Charette

Près de quatre-vingts personnalités parraineront cet après-midi soixante enfants du gymnase, avant la manifestation nationale de soutien prévue demain à 14 h 30 au départ de Denfert-Rochereau.