A Choisy, la vie sans pédiatrie

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Cette année, Choisy-le-Roi (94) a perdu son dernier pédiatre. Un préjudice important pour une commune jeune, en pleine croissance, et dont la population devrait s'accroître dans les prochaines années. Et comme les villes voisines d'Orly et de Thiais ne sont pas mieux loties, c'est tout ce coin du Val-de-Marne qui souffre. « Le signal d'alerte est tiré », confirme la mairie. Bien que desservie par le RER C et le Trans- Val-de-Marne, la ville rebute les médecins. Hausse du prix de l'immobilier, revenus limités : les raisons de cette désertification sont multiples.

Et ce sont les familles qui en subissent les conséquences. Inès, mère de trois enfants, fait confiance à la protection maternelle et infantile (PMI) pour ce qui concerne le quotidien, les vaccins, la croissance. « Mais pour les maladies, je suis obligée d'aller chez un médecin généraliste. C'est une solution bancale, mais on s'adapte. J'ai des amies qui vont à Créteil, à Alfortville ou à Villeneuve-Saint-Georges. Mais à 18 h, avec les embouteillages, quand on a plusieurs enfants dont un malade, c'est compliqué. » Inès se rassure : elle a trouvé « un généraliste qui a la fibre avec les enfants ». Mais elle sait bien que « s'il faut sortir de la bobologie, ça ne collera pas. L'enfant demande une formation et une attention particulière ».

C'est pourquoi Myriam a choisi pour ses enfants un pédiatre à Villeneuve-Saint-Georges. « Je peux me le permettre, j'ai une voiture. Un pédiatre a plus d'expérience. Il me rassure, et prescrit moins de médicaments pour un rien. Il est aussi plus à même de m'expliquer ce qui se passe. »

Michaël Hajdenberg

A Choisy-le-roi, la moyenne d'âge des gynécologues et des cardiologues est de 57 ans. Leur avenir est aussi menacé.