En banlieue, des maires de gauche craignent pour leur mandat

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Les maires de gauche des communes limitrophes pourraient bien « payer très cher » la politique de circulation de la Ville de Paris aux prochaines élections municipales. Une inquiétude formulée par nombre d'entre eux, l'un assurant même, sous couvert d'anonymat, que « Delanoë ne serait pas investi par le PS aujourd'hui, si on avait le choix. A cause de lui on a une vraie crainte de se prendre une claque en 2008 aux élections. Car nos habitants s'en foutent que ce soit le maire de Paris qui décide. Tout ce qu'ils voient, c'est que ça ne roule plus chez eux. Ils se demandent pourquoi on n'arrive pas à s'entendre, mais c'est tout simplement parce qu'on n'est jamais averti quand ils font des choses, et on ne nous demande pas notre avis. Sa politique de transports commence à gaver tout le monde. »

Même son de cloche à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), où le maire socialiste Gilles Catoire évoque la « mise en danger de la gauche aux prochaines élections » dans sa commune, et y voit une raison du recul de Bertrand Delanoë sur le dossier de la circulation. « Le maire de Paris est en train de se rendre compte des enjeux pour nous. Nos habitants sont exaspérés. C'est bien qu'il ait différé sa prise de décision. » « Il a besoin d'être gentil avec les élus riverains, sous peine d'être réprimandé au niveau du parti », résume un autre maire PS, qui assure que « le maire de Paris a été vigoureusement rappelé à l'ordre par plusieurs d'entre nous ».

Dans le 19e, le maire PS Roger Madec explique : « Il y a eu du dialogue pour ce qui concernait mon arrondissement, mais on ne m'a pas interrogé sur la fermeture des quartiers centraux. Hors, les reports auront lieu chez moi ! »