Baupin «joue gros» avec le PDP

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Il n'avait « pas pris la mesure » de ce qui l'attendait lorsqu'il a accepté le job en 2001. Que les déplacements seraient un sujet « de rupture », et qu'il aurait à négocier un virage à 180º dans les habitudes de circulation à Paris, le dossier phare de la mandature Delanoë. A 44 ans, le Vert Denis Baupin, centralien proche de Dominique Voynet devenu adjoint chargé des Transports, a mis en oeuvre couloirs de bus, tramway et pistes cyclables à un rythme fulgurant qui le surprend lui-même. « Au début, il n'était pas évident qu'on avancerait si vite », confie-t-il.

La machine est lancée dès août 2001 avec la fermeture des voies sur berge pendant un mois, les travaux des rues de Rivoli et de Sébastopol. Les critiques fusent, il répond par des « concertations », des réunions avec les habitants qui lui servent de caution pour appliquer sa politique. En 2005, il passe la vitesse supérieure avec le plan de déplacement de Paris (PDP). Il entame alors un marathon d'une cinquantaine de réunions en vue de faire voter le document en juillet dernier. Mais en juin, c'est l'accident. Des fuites dans la presse sur le projet de fermeture des arrondissements centraux inquiètent les communes limitrophes et l'obligent à reprendre la discussion. Le vote final n'aura pas lieu dans cette mandature. Un contre-temps qui n'arrange pas l'élu Vert, qui « joue très gros sur ce dossier », selon ses camarades de parti.

« Avoir adopté le PDP aurait été un bon élément », admet Denis Baupin. Notamment vis-à-vis de sa fédération. « S'il échoue à faire voter le PDP, ou s'il fait trop de concessions, les Verts pourraient le sanctionner lorsqu'il s'agira de désigner leur chef de file pour les municipales », assure René Dutrey, patron des Verts au Conseil de Paris. Surtout qu'Yves Contassot, l'adjoint chargé de l'Environnement, est également sur les rangs.