La cigarette électronique fait un tabac

TABAC Le nombre de boutiques dédiées au nouvel accessoire des fumeurs explose à Paris...

Claire Friedel

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Les boutiques de cigarettes électroniques, comme ici Alter Smoke, se multiplient à Paris.
Les boutiques de cigarettes électroniques, comme ici Alter Smoke, se multiplient à Paris. — V. WARTNER/20 MINUTES

Mardi, Marisol Touraine (PS), ministre de la Santé, a annoncé qu'elle avait commandé une enquête pour évaluer les bénéfices et les risques de la cigarette électronique. Une précaution qui pourrait inquiéter les commerçants spécialisés dans la vente de cigarettes électroniques, de plus en plus nombreux à Paris.

Les boutiques fleurissent

Murs immaculés, sièges design, orchidées sur une étagère. La déco donne le ton. Chez Alter Smoke comme chez Nomego, on est loin de l'esprit buraliste. Les cigarettes vendues sont électroniques, rechargeables avec de petites fioles contenant ou non de la nicotine. Et si les lieux sentent le neuf, c'est qu'ils viennent d'être inaugurés. Paris compte aujourd'hui une trentaine de boutiques, contre une seule fin 2011, la première de la chaîne Clopinette dans la capitale. Les ouvertures se succèdent à vitesse grand V.

«En ce moment, il y en a une par semaine», affirme Julien Haze, gérant de Nomego, dans le 18e. Le leader du secteur, Clopinette, annonce quatre nouvelles adresses bientôt à Paris, et veut quintupler le nombre d'enseignes d'ici à décembre au niveau national. Une expansion rendue possible par le succès auprès des clients, qui seraient environ 500.000 en France. «C'est un produit qui est adopté», résume Daria Blank, cofondatrice d'Alter Smoke, qui va développer rapidement un réseau de franchises.

Julien Haze, de Nomego, a réussi à abandonner ses deux paquets par jour grâce à la cigarette électronique. C'est ce qui l'a décidé à répandre la bonne parole. L'homme brandit le livre d'or de sa boutique, qui regorge de témoignages émus d'anciens fumeurs de cigarettes classiques convertis à l'électronique. Il prédit un avenir radieux: «Seuls 7% des fumeurs ont déjà testé, c'est ridicule.» Mickaël Hammoudi, président du Collectif des acteurs de la cigarette électronique, acquiesce: «Le marché continue de croître. Ce sera les buralistes de demain.» A condition qu'un scandale sanitaire ne freine pas le phénomène.