Rama Yade défend son nid de Colombes

claire friedel

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Enceinte, l'élue francilienne, ici avec son avocat Antonin Lévy, est venue se défendre.
Enceinte, l'élue francilienne, ici avec son avocat Antonin Lévy, est venue se défendre. — V. WARTNER/20 MINUTES

Paris 18e, Garches, Colombes [Hauts-de-Seine]… « Où habite Rama Yade ? », s'est interrogé Me Charles Joseph-Oudin, avocat de la partie civile, jeudi devant le tribunal de grande instance de Nanterre, où l'ex-secrétaire d'Etat comparaissait pour faux, usage de faux, inscription indue sur une liste électorale et tentative d'inscription indue. La question a sous-tendu toute l'audience, rythmée par l'évocation des multiples adresses de la conseillère municipale à Colombes, radiée des listes électorales fin 2011 pour avoir fourni l'adresse de sa permanence électorale, dont le bail et l'assurance excluaient l'usage en tant que domicile. Rama Yade, elle, affirme que sur les quatre pièces du lieu, une lui était destinée pour y vivre.

« J'ai deux domiciles »


Après sa radiation, l'élue retente avec une nouvelle adresse à Colombes, un trois-pièces dont elle vient de signer le bail. La présidente du tribunal, Isabelle Prévost-Desprez, demande s'il faut y voir un lien avec la radiation. « Pas du tout », affirme Rama Yade d'un ton sûr. A l'approche des élections de 2012, son local « devenait vraiment un QG de campagne », il lui fallait « un lieu à soi ». Mais cette seconde adresse est retoquée par la justice début 2012, car l'appartement est vide. « Il n'y a rien d'étonnant, quand on vient de prendre un appartement et qu'on compte faire des travaux, à ne pas mettre les photos de famille », justifie Rama Yade, les mains sur son ventre arrondi.

Le bornage de son portable montre qu'elle venait souvent à Colombes, mais qu'elle habitait dans le 18e, avant de s'installer à Garches. La vice-présidente de l'UDI, le parti de Jean-Louis Borloo, ne nie pas l'existence de ces autres adresses, mais explique : « J'ai deux domiciles. » Et de dénoncer la majorité municipale PS : « Ces gens-là sont des procéduriers, ils ne veulent pas la démocratie. Ils veulent faire de la politique dans les prétoires. » Le procureur n'a pas requis d'inéligibilité, mais une peine de 5 000 €. Jugement le 28 mars.